Adil Laraki

- 12h10 - Artistes et peintres - Ecrit par :

D’une simplicité qui force le respect, très sociable, et communicateur volubile, artiste dès les premières heures, Adil Laraki est un ressortissant marocain en Allemagne, terre d’exil volontaire où, depuis plus de deux décennies, il y réussit les plus belles prouesses d’un talent artistique dont les limites restent inconnues. Un personnage haut en couleurs qui reste très apprécié par les experts et critiques d’art européens.

Natif de Settat, il s’installe en famille à Rabat dès l’âge de 2 ans à proximité du théâtre national Mohammed V. Un hasard qui allait transformer définitivement son profil de carrière : "Oui, la proximité du Théâtre m’a beaucoup inspiré pour ma carrière d’artiste", réagit-il spontanément.

A l’âge de 14 ans, il intègre la troupe de danse FRAT (foyer de recherche artistique théâtral) dirigé par Hamid Kirane, danseur et chorégraphe célèbre à l’époque. Un an après, il entre au conservatoire national et, talent oblige, il réussit magistralement le concours de 5è année après 2 années de danse seulement. Une figure de proue de la capitale, Madame feu Baldoui, russe de nationalité, l’a encouragé et stimulé pour partir à la conquête de l’art chorégraphique européen pour lequel Adil était déjà surdoué. "Tu dois absolument partir en Europe pour faire carrière dans la danse classique et contemporaine", lui répétait-elle sans relâche.

A l’âge de 16 ans, il partit à Lausanne où il poursuivit ses études à l’école de suisse de danse avant d’aller s’établir en Allemagne. Il se perfectionna, pendant 3 ans, à l’école supérieure de musique et de théâtre à Hanovre à l’issue desquels il se vit offrir un contrat d’engagement professionnel au Ballet de la ville d’Essen. Il y joua d’abord en qualité de danseur en groupe avant de s’envoler en soliste, peu de temps après. Son idylle avec la culture allemande a duré 10 années dans cette ville qui l’a adopté et porté aux cieux de l’art chorégraphique. Il excella dans son art grâce à ses rencontres avec de grands maîtres chorégraphes, à l’instar de Hans Van Mannen, Krenko, Béjart et autres figures illustres qui fréquentaient assidûment le théâtre de la ville.

Plus tard, il s’engagea dans l’administration au créneau marketing tout en continuant à jouer dans des spectacles, entre 10 et 20 représentations par an. Pour ses qualités de probité morale et de d’abnégation professionnelle, Notre artiste a été élu responsable du syndicat des artistes du théâtre et membre du conseil d’administration de l’entreprise. dans cette dernière instance, il a été reconduit pour son troisième mandat successif, depuis plus de 8 années. Il compte, après avoir quitté la scène professionnelle, la quarantaine oblige, parmi les dirigeants du grand théâtre d’Essen

La culture au Maroc est "occasionnelle"

Il compte, après avoir quitté la scène artistique professionnelle, la quarantaine oblige, parmi les dirigeants les plus actifs du grand théâtre d’Essen qui ne donne pas moins de 800 spectacles.

Cette imposante institution, qui emploie 650 permanents et 300 temporaires, fournit, chaque année, des spectacles de choix dans quatre sections de production : opéra, ballet, théâtre et concert. Elle dispose de 7 scènes de spectacles et a construit un théâtre supplémentaire d’une capacité de 2000 places exclusivement réservé aux concerts. "L’entreprise reçoit de la commune d’Essen une subvention annuelle de 35 millions d’euros pour un budget global de 42 millions d’euros", précise Laraki.

Mais, loin d’être un don à fonds perdus, cette subvention municipale est plus exactement un investissement assez rentable puisqu’il rapporte pour un euro offert, entre 1,6 et 1,8 euros, selon les certitudes publiées par une étude approfondie de l’IFO Institut de Munich, très célèbre. "C’est beaucoup plus une multinationale, ajoute Adil, puisque pas moins de 34 nationalités de tous les continents sont embauchées dans ce théâtre.

Et au Maroc, où en sommes-nous ? Par modestie diplomatique, Adil s’empêcha d’enfoncer le clou en se faisant adepte de l’optimisme qu’évoque "le verre à moitié plein". Beaucoup reste à faire car la culture, dans le royaume, se manifeste seulement par occasions à travers les festivals saisonniers et les activités ponctuelles. "L’art et la culture doivent être une pratique de tous les jours, explique-t-il. Et il rue carrément dans les brancards quand il s’entent répliquer le défaut de moyens et la pauvreté sociale. "Il ne faut jamais dire qu’on n’a ni argent ni ressources pour la culture parce que des gens souffrent encore du dénuement et de la misère. Au contraire, investir dans la culture est un acte très rentable pour la société qui en améliore la qualité de travail et de vie".

Il se refuse au défaitisme du sous-développement culturel au Maroc. Il se déclare prêt à aider au développement de l’art chorégraphique et théâtral dès que les conditions propices se présenteraient. "Les perspectives sont nombreuses au Maroc. J’attends la mise sur pied de l’école de danse contemporaine à Rabat dans laquelle je suis disposé à m’impliquer si la demande m’est suggérée", répond celui qui porte le Maroc au fond de son cœur citoyen et qu’il voudrait aider à prendre son véritable essor culturel. Mais, au préalable, l’homme doit se montrer tolérant, ouvert et communicant. Le zéro mépris est de rigueur. "La culture est la voie royale vers la tolérance", conclut-il avec conviction.

l’Observateur

  • Adil Laraki, danseur marocain en Allemagne

    D'une simplicité qui force le respect, très sociable, et communicateur volubile, artiste dès les premières heures, Adil Laraki est un ressortissant marocain en Allemagne, terre d'exil volontaire où, depuis plus de deux décennies, il y réussit les plus belles prouesses d'un talent artistique dont les limites restent inconnues. Un personnage haut en couleurs qui reste très apprécié par les experts et critiques d'art européens.

  • Nabil Dahani

    Nabil Dahani est un jeune styliste marocain. Originaire de Rabat au Maroc, et après deux années d'instruction au collège Lassale, école canadienne de formation aux métiers de la mode, il termine ses études à Paris par un perfectionnement à l'école de la Chambre Syndicale de la couture Parisienne.

  • Abderrahmane Latrache

    Abderrahmane Latrache, né à Taza en 1954 est un artiste peintre marocain.

  • Mountassir Chemao

    Mohammed El Mountassir Chemao El Fihri est né à Salé le 28 mars 1952. Il vit et travaille dans la Capitale du Royaume du Maroc.

  • Samira Saïd

    Samira Saïd est une très grande histoire sur la scène artistique arabe, elle commença sa vie alors âgée 9 ans et fut remarquée très rapidement, sa voix très belle et délicieuse.

  • Jamel Debbouze

    Aîné d'une famille morocaine de six enfants, Jamel passe toute son enfance à Trappes, en banlieue parisienne. A treize ans, il est victime d'un terrible accident et perd l'usage de son bras après avoir été happé par un R.E.R...

  • Nouri

    La sortie de son premier album a permis la diffusion de ses premières chansons dans tout le pays, et quand la RTM a pris le relais de cette diffusion en participant à la promotion des tubes comme "Ana ou nnas", "Lichira", "Achaka", le nom de Nouri commençait à nous être familier.Un compact disc va être édité à partir du deuxième album contenant 10 chansons avec pour titre vedette "Dar beida" hommage à la ville qui l'abrite et au symbole de ce nom célèbre dans le monde entier. Il sera diffusé en Europe (en France)

  • Brahim El Alami

    Quand on regarde les photos des années soixante de ce chanteur sexagénaire, on est frappé par l'air de ressemblance entre lui et le leader des Black Muslims (Organisation de musulmans noirs américains), dont le film biographique "X" a fait le tour de la planète il y a quatre ou cinq ans...

  • Abdelkader Rachdi

    Abdelkader Rachdi est né un jour de 1929 dans le quartier Legza de la médina de Rabat.. Dès sa tendre enfance, il a pu évoluer dans un environnement musical. D'abord dans sa famille, pour qui chaque fête religieuse devenait l'occasion et le prétexte d'inviter des groupes de Issaouas et Jilalas ou des ensembles de Madih. Puis plus tard dans le Café Laâlou qui ouvrait ses portes, chaque jeudi, aux meilleures troupes de musique andalouse.

  • Abdelhadi Belkhayat

    Né en 1940 à Fès, Zougari El Idrissi Abdelhadi, dit Belkhayat, a quitté trés tôt sa ville natale pour s'installer à Casablanca. Une audition à la radio, rue l'Brihi, le pousse rapidement sur le devant de la scène. Dominée à l'époque par Mohamed Fouiteh, Maâti Benkacen, Brahim Alami. Il réussit à imposer son style avec sa voix chaleureuse et ses mélodies d'influences orientales.