Affaire Jacques Leveugle : La sidération à Khénifra face à la double vie du prédateur présumé
Accusé de viols sur près de 90 mineurs, le Français Jacques Leveugle a vécu vingt ans à Khénifra, au Maroc. Dans cette ville du Moyen Atlas, l’incompréhension domine face au visage sombre de celui qu’ils considéraient comme un bienfaiteur.
Installé au début des années 2000 dans le quartier populaire et défavorisé de Taghzout, en périphérie de Khénifra, Jacques Leveugle s’était forgé une solide réputation. Loin des circuits touristiques traditionnels, cet homme s’était parfaitement intégré, apprenant le dialecte local et multipliant les actes de générosité. Soutien scolaire, aide financière, achat de matériel ou organisation de bivouacs : pour beaucoup de jeunes, « Monsieur Jacques » incarnait une figure paternelle et un intellectuel respecté, relate RFI.
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Aujourd’hui, l’heure est à la stupéfaction. Bien que quelques anciens élèves se remémorent avec le recul une proximité physique excessive ou des comportements tactiles, la majorité des habitants refuse de croire aux atrocités qui lui sont reprochées, redoutant également la stigmatisation de leur quartier.
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La justice française soupçonne pourtant ce prédateur d’avoir sévi sur le territoire marocain entre 2010 et 2022. Des enquêteurs français sont d’ailleurs attendus sur place ce printemps pour poursuivre leurs investigations et entendre d’éventuels témoins ou victimes.
Le contraste entre son image publique et les éléments matériels de l’enquête est saisissant. Dans ses propres mémoires, Jacques Leveugle ne laisse en effet aucune place au doute. S’autoproclamant « gentleman boy lover », il y confesse son attirance assumée pour les jeunes garçons au seuil de la puberté.
Les écrits glaçants et accablants du suspect
Il tente même de légitimer intellectuellement ses crimes en se comparant à des écrivains comme André Gide, et en expliquant se percevoir, selon les mots du procureur, comme un « Grec antique formant de jeunes éphèbes ». Une rhétorique cynique qui tranche brutalement avec la confiance aveugle que lui accordaient les familles de Khénifra.