Aïd-El-Kébir : le Maroc boycotte l’Espagne, l’Algérie en profite et rafle la mise

- 07h00 - Espagne - Ecrit par : Farid Laamoudi

Pour protéger son cheptel national en vue de l’Aïd al-Adha, le Maroc a drastiquement stoppé l’importation de moutons ibériques. Une taxe douanière dissuasive a réduit à néant les achats marocains, obligeant l’Espagne à se tourner vers d’autres marchés.

Afin de préserver ses éleveurs locaux, le Royaume a pris des mesures fiscales radicales en 2026. Les autorités marocaines ont instauré des droits de douane de 200 % sur les ovins en provenance d’Espagne et du Portugal. Cette stratégie vise à protéger la filière nationale et à favoriser la vente du bétail local pour les festivités. Conséquence directe de ce bouclier tarifaire : les importations de moutons vivants espagnols sont tombées à zéro entre janvier et mars, alors que le Maroc absorbait plus de 6 000 tonnes de ces animaux sur la même période un an plus tôt.

Sur Bladi.net : Exportations de citrons : le Maroc bouscule le marché espagnol et sème la panique

Ce verrouillage douanier consolide la dynamique amorcée en 2025. Face aux difficultés des exploitations agricoles et à la flambée des prix des bêtes, le roi Mohammed VI avait demandé aux citoyens de suspendre le rituel du sacrifice. Cette consigne royale avait semé un vent de panique du côté de la péninsule ibérique. Les professionnels espagnols avaient perçu cette décision comme une manœuvre délibérée pour faire chuter les cours de leur bétail. L’Espagne a ainsi vu son client historique se retirer brusquement, provoquant une chute des ventes de plus de 16 000 tonnes vers le royaume chérifien.

Sur Bladi.net : Pastèques, avocats : le Maroc bouscule les producteurs espagnols, et ça ne plaît pas à tout le monde

Privée de son acheteur principal, l’Espagne a dû réorganiser en urgence ses filières d’exportation. Comme le précise le journal El Debate, les éleveurs ibériques ont compensé la fermeture du marché marocain en expédiant plus de 12 700 tonnes vers l’Algérie dès 2025. Ángeles Santos, éleveuse et représentante du syndicat agricole COAG, confirme que cette nouvelle route commerciale a été indispensable pour contourner « l’obstacle posé par le Maroc ». Face à la perte de ce partenaire de premier plan, elle exhorte désormais le gouvernement espagnol à stimuler la consommation de viande sur son propre territoire afin de réduire sa dépendance extérieure.