Pastèques, avocats : le Maroc bouscule les producteurs espagnols, et ça ne plaît pas à tout le monde

- 22h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

L’engouement des Espagnols pour les fruits profite massivement aux fournisseurs étrangers. Le Maroc s’impose désormais comme un acteur incontournable de ce marché, dominant les exportations de pastèques et d’avocats, au grand dam des agriculteurs ibériques.

La consommation de fruits frais gagne du terrain en Espagne, et la pastèque figure parmi les grandes favorites avec une hausse de ses ventes de 21,3 % en 2025. Face à cet appétit, le Maroc s’affirme comme le fournisseur par excellence. Selon les données relayées par le média El Debate, le Maroc a expédié plus de 49 534 tonnes de pastèques vers la péninsule l’année dernière. Ce volume impressionnant représente une flambée de 72,56 % des expéditions marocaines pour ce seul fruit, devançant très largement son concurrent direct, le Sénégal.

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Cette percée marocaine s’observe également sur le marché de l’avocat, une autre denrée de plus en plus plébiscitée dans les supermarchés avec des ventes en hausse de 13,5 %. Sur les près de 308 000 tonnes importées globalement par l’Espagne en 2025, le Royaume a écoulé 39 159 tonnes de sa production. Il s’installe ainsi confortablement parmi les principaux fournisseurs internationaux, aux côtés de nations telles que le Pérou et le Chili.

Cette dépendance extérieure s’inscrit dans une dynamique de consommation très favorable, l’Observatoire d’ALDI indiquant que les ménages ibériques achètent des fruits en moyenne 83 fois par an, à raison de 2,4 kilos par visite. Pourtant, ce produit de base de la diète méditerranéenne profite de moins en moins aux récoltes locales. Au total, les importations combinées de pastèques, d’avocats et de raisins ont dépassé la barre des 518 000 tonnes en 2025, enregistrant une croissance globale de plus de 19 % en l’espace d’un an.

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Cette arrivée massive de marchandises étrangères dérange profondément le secteur agricole espagnol, qui dénonce ouvertement une « concurrence déloyale ». Les producteurs pointent du doigt les avantages liés aux faibles coûts de main-d’œuvre et à l’application de normes phytosanitaires plus souples chez leurs concurrents. Ils accusent notamment le Maroc de s’appuyer sur des accords commerciaux pour saturer le marché à des moments clés, menaçant la viabilité de leurs propres cultures face à des prix impossibles à concurrencer.