Le Canada prépare un piège très physique au Maroc
Le Maroc affronte le Canada avec des arguments, mais les chiffres Opta invitent à la prudence. Cette équipe centre beaucoup, frappe souvent, presse fort et sait étouffer un adversaire lorsqu’elle installe ses vagues dans le camp adverse.
Le Canada ne doit pas être traité comme un adversaire secondaire. Son football est direct, exigeant et potentiellement inconfortable pour le Maroc. Cette équipe avance, élargit le terrain, cherche les centres, attaque la surface et insiste sur les deuxièmes ballons.
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Son 6-0 contre le Qatar peut être relativisé, car le match a été déséquilibré. Mais les chiffres restent révélateurs : 32 tirs, 10 cadrés, 19 corners, 55 centres et 4,602 expected goals. Quand le Canada s’installe dans le camp adverse, il ne gère pas. Il répète les vagues, multiplie les ballons dans la surface et force l’adversaire à défendre longtemps.
Cette tendance ne disparaît pas contre des adversaires plus solides. Face à la Suisse, malgré une défaite 2-1, le Canada a encore produit 13 tirs, 7 cadrés, 7 corners, 26 centres et 1,659 xG. Contre l’Afrique du Sud, la victoire a été plus courte, 1-0, mais avec 12 tirs, 7 cadrés, 4 corners et 1,376 xG. La menace canadienne ne se limite donc pas au match contre le Qatar. Elle fait partie de son identité.
Pour le Maroc, le danger serait de subir trop bas. Si les Lions de l’Atlas laissent le Canada installer un siège, ils offriront à leur adversaire exactement ce qu’il recherche : des latéraux hauts, des centres, des duels, des ballons contrés, des corners et de nouvelles vagues. Cette équipe n’a pas besoin d’une possession spectaculaire pour devenir dangereuse. Elle use par accumulation.
Le danger vient beaucoup des côtés. Le Canada centre énormément et projette ses joueurs de couloir. C’est sa force, mais aussi son risque. Pour le Maroc, il ne suffira pas de défendre la surface. Il faudra aussi préparer la sortie. Une récupération propre, une première passe verticale, un renversement rapide vers Hakimi ou Mazraoui peuvent transformer la pression canadienne en espace marocain.
Le Canada défend aussi avec agressivité. Il a concédé 13 fautes contre la Suisse, puis 16 contre l’Afrique du Sud. Ce n’est pas une équipe incontrôlable, mais une équipe qui va fort au duel et coupe parfois les transitions. Le Maroc peut en profiter à condition de garder de la lucidité dans les premières relances. Bouaddi, El Aynaoui, El Khannouss ou Brahim Diaz auront un rôle important pour sortir du pressing sans rendre trop vite le ballon.
Il faudra également surveiller Stephen Eustáquio. Contre l’Afrique du Sud, il marque, réussit 48 passes et signe 7 centres. Il est l’un des régulateurs du jeu canadien. S’il joue face au jeu, le Canada peut installer son rythme. S’il est pressé, orienté et obligé de défendre vers son but, l’équipe canadienne perd une partie de sa fluidité.
Ce huitième de finale ne se jouera donc pas seulement sur le talent marocain. Il se jouera sur la discipline, la gestion des temps faibles et la qualité de la première passe après récupération. Le Canada peut être puni dans le dos de ses latéraux, mais il peut aussi punir un Maroc trop passif.
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Les Lions de l’Atlas ont les armes pour passer. Mais ce match demande du sérieux. Le Canada n’est pas une équipe à craindre excessivement. C’est une équipe à respecter, à contenir, puis à attaquer avec précision.