Maroc–Canada : le onze marocain qui peut exploiter les failles canadiennes

- 13h00 - Sport - Ecrit par : Said A.

Face au Canada, le Maroc devra éviter le piège d’un match trop ouvert. Les chiffres Opta plaident pour un onze dense, mobile et capable de sortir vite sous pression. L’objectif : fermer les couloirs canadiens, puis attaquer les espaces laissés dans leur dos.

Le Maroc connaît désormais le profil de son huitième de finale. Le Canada est une équipe de volume, de largeur et d’intensité. Elle centre beaucoup, pousse ses latéraux très haut et cherche à installer des vagues répétées dans la surface adverse. Pour les Lions de l’Atlas, la réponse ne doit donc pas seulement être technique. Elle doit d’abord être structurelle.

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Les chiffres Opta des quatre matchs marocains donnent une indication nette : le Maroc est plus fort lorsqu’il garde un socle dense au milieu, avec des joueurs capables de courir, de récupérer et de ressortir proprement. Contre le Canada, l’idée la plus cohérente serait donc un 4-3-3 modulable en 4-1-4-1, avec un onze pensé pour résister aux temps forts canadiens et attaquer rapidement les couloirs libérés.

Le onze le plus équilibré serait celui-ci : Yassine Bounou dans le but ; Achraf Hakimi, Ismaël Diop, Chadi Riad et Noussair Mazraoui en défense ; Sofyan Amrabat en sentinelle ; Neil El Aynaoui et Ayyoub Bouaddi comme relayeurs ; Bilal El Khannouss et Brahim Diaz autour d’Ismael Saibari, utilisé en pointe mobile.

Hakimi et El Aynaoui, les deux certitudes

Achraf Hakimi est l’évidence. Ses notes Opta racontent son influence : 8,42 contre le Brésil, 8,12 face à l’Écosse, 10,00 contre Haïti, puis 9,30 contre les Pays-Bas. Il est à la fois le principal accélérateur marocain et l’un des meilleurs garants de l’équilibre défensif. Face à une équipe canadienne qui laisse des espaces derrière ses latéraux, son couloir peut devenir une arme décisive.

Neil El Aynaoui est l’autre certitude. Sa régularité est remarquable : 7,96 contre le Brésil, 8,90 contre l’Écosse, 7,76 contre Haïti et 9,18 contre les Pays-Bas. Il apporte volume, activité défensive, présence dans les duels et qualité de passe. Contre Stephen Eustáquio, moteur du jeu canadien, son rôle sera central. Il devra empêcher le Canada d’installer son rythme.

Ayyoub Bouaddi mérite aussi de commencer. Ses chiffres montrent une vraie propreté dans la circulation : 66 passes contre le Brésil, 64 contre l’Écosse, 60 contre les Pays-Bas. Face au pressing canadien, ce profil est précieux. Le Maroc aura besoin d’un joueur capable de sortir le ballon sans paniquer, de casser une première ligne et de servir vite les couloirs.

Le choix d’Amrabat répond à une nécessité tactique. Le Canada attaque avec beaucoup de joueurs, insiste sur les seconds ballons et multiplie les centres. Sans sentinelle devant la défense, le Maroc risquerait d’être aspiré. Amrabat permet de protéger l’axe, de couvrir les montées de Hakimi et Mazraoui, et de sécuriser les transitions.

Devant, Saibari offre plus de garanties qu’un avant-centre trop fixe. Il a marqué contre le Brésil, l’Écosse et Haïti. Son intérêt n’est pas seulement dans la finition : il peut décrocher, fixer un défenseur central, ouvrir un couloir et attaquer la surface dans un second temps. Face aux centraux canadiens, ce mouvement permanent peut faire plus mal qu’un duel frontal.

Brahim Diaz garde sa place pour une raison simple : le Maroc aura besoin de respiration. Même quand ses chiffres ne sont pas les plus spectaculaires, il reste capable de conserver sous pression, d’attirer une faute et de donner du temps au bloc. El Khannouss, lui, peut attaquer le demi-espace, surtout côté droit avec Hakimi. C’est une zone que le Canada peut mal contrôler lorsque ses latéraux montent haut.

Rahimi et El Kaabi seraient alors des armes de deuxième période. Rahimi pour attaquer la profondeur si le Canada se découvre. El Kaabi si le match se joue dans la surface et que le Maroc doit finir sur centres ou ballons arrêtés. Ounahi peut aussi devenir utile pour calmer le jeu, conserver davantage et casser le rythme canadien.

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Le piège serait d’aligner trop tôt une équipe uniquement offensive. Le Canada vit des duels, des centres, des ballons repoussés et des deuxièmes vagues. Pour lui faire mal, le Maroc devra d’abord tenir la structure, puis frapper avec précision. Le bon onze n’est donc pas forcément le plus flamboyant. C’est celui qui permet de survivre à l’intensité canadienne avant d’attaquer ses espaces.