Sans leur couche noire, les poteries marocaines restent dans les ateliers

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Une décision interdisant l’utilisation du goudron sur certaines poteries inquiète les artisans de Rabat. En pleine saison estivale, des clients refusent les récipients privés de leur couche noire traditionnelle et les stocks invendus s’accumulent.

Cruches et jarres en terre cuite sont traditionnellement recouvertes d’une matière noire présentée par les professionnels comme un goudron naturel issu du bois de cèdre. Ce procédé transmis depuis plusieurs générations ferait partie des caractéristiques recherchées par les consommateurs.

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Depuis l’interdiction, les ventes auraient brutalement ralenti. Un atelier de Rabat prévoyait de fabriquer entre 1 000 et 2 000 pièces pour l’été, période où la demande est habituellement la plus forte.

Son responsable affirme que de nombreuses poteries restent désormais empilées. Des clientes auraient notamment renoncé à acheter des cruches après avoir appris qu’elles n’étaient plus recouvertes de la matière noire, rapporte Al3omk.

Le goudron naturel face aux mélanges dangereux

Les artisans demandent aux autorités de distinguer leur préparation traditionnelle des mélanges fabriqués clandestinement. Selon eux, certains producteurs ajouteraient notamment des huiles usagées, susceptibles de présenter un danger pour les consommateurs.

Le représentant des professionnels reconnaît toutefois ne pas disposer des études scientifiques ayant motivé l’interdiction. Les autorités auraient évoqué des risques sanitaires, qu’il dit ne pouvoir ni confirmer ni contester.

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La mesure touche aussi les commerçants qui décorent et revendent ces produits. Les artisans réclament donc des contrôles sur la composition des matières utilisées plutôt qu’une interdiction générale.

En attendant une clarification, un seul atelier de Rabat se retrouve avec jusqu’à 2 000 pièces préparées pour l’été et désormais difficiles à vendre.