Dans la peau d’un ancien combattant

- 00h19 - Maroc - Ecrit par : L.A

17 ans, c’est l’âge de tous les rêves. A cet âge là, Bouchaïb Bouâzzaoui débarque à Naples, en Italie, pour faire… la guerre ! C’était en décembre 1943. « Sidi Mohammed Ben Youssef avait lancé à l’époque un appel au peuple pour soutenir la France jusqu’à sa libération.

Je venais à peine de terminer mes études secondaires et je n’ai pas hésité un seul instant pour m’engager. C’était pour moi une réponse à l’appel de mon Souverain », raconte Bouchaïb. Après un stage de six mois dans une école militaire, notre ami passa ses examens avec brio et se retrouva en tant qu’instructeur à Taza. Ensuite destination Oran (Algérie), avant de regagner l’Italie, au sein du 5e Régiment des tirailleurs marocains de la 2e Division d’infanterie marocaine. Bouchaïb Bouâzzaoui se retrouvera, en moins de temps qu’il n’en faut, en pleine campagne d’Italie.

La mort régnait en maîtresse des lieux sur son sillage et celui de ses frères d’armes. Ce n’était point une raison suffisante pour effectuer le moindre pas en arrière. L’avancée s’effectuait doucement… mais pas sûrement. La résistance était farouche. Ils finirent par atteindre « La ligne Gustave ». Au menu : champs de mines en apéro, barbelés en entrée et blockhaus en plat de résistance ! Face à une suite aussi consistante, les Marocains percèrent sans sourciller.

Ce qui n’était pas le cas des Américains, restés coincés. Sur ordre du général américain Mark Wayne Clark qui en toucha un mot au général Alphonse Juin, c’était aux Marocains d’intervenir, seuls capables, par leur témérité à toute épreuve, de faire une percée à travers ce véritable cul-de-sac, du côté des Américains. « C’était le 11 mai 1944, lors d’une attaque générale de l’Adriatique à la Méditerranée, je me souviens d’un bombardement extraordinaire, nous avions foncé tête baissée pour opérer cette percée. J’ai pris une rafale de fusil mitrailleur en plein dans la jambe… », se remémore Bouchaïb. Hospitalisé, notre ami ne renoncera pas pour autant.

Août 1944, le revoilà sur un nouveau front : le débarquement à Toulon. Puis les Vosges et l’Alsace où, de nouveau dans des conditions extrêmes, il aura les pieds gelés. Son rapatriement à l’hôpital coïncidera avec la signature de l’armistice. Ces trois années de service accomplies, vu qu’il n’y avait plus de Nazis sur qui tirer ses dernières balles, Bouchaïb rentre au bled. Il reprendra sa carrière là où il lui avait tourné le dos.

Il rejoint la Banque d’Etat du Maroc -future Banque du Maroc- et fut pris en stage. Quelques années plus tard, il est directeur d’agence, avant de prendre la direction d’un département du siège de la SGMB. C’est dire s’il a la gâchette facile le Bouâzzaoui ! Retraité aujourd’hui, il est trésorier de l’Association « La maison des anciens combattants ». Bouchaïb Bouâzzaoui fut, par ailleurs, décoré de la Croix de guerre, de la Médaille militaire et fut également distingué au titre de Chevalier de la Légion d’honneur, la plus haute distinction accordée par la République française.

Le Matin - A.H.

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