Déscolarisés au Maroc depuis plus d’un an, deux enfants ne peuvent pas rejoindre leur mère aux Pays-Bas
Deux enfants marocains, nés en 2009 et 2011, restent séparés de leur mère installée aux Pays-Bas. Déscolarisés depuis plus d’un an et sans prise en charge parentale stable au Maroc selon leur beau-père, ils viennent de voir leur recours rejeté par la justice néerlandaise.
Leur mère réside légalement aux Pays-Bas depuis le 10 septembre 2025 et est mariée à un Néerlandais. Le 22 octobre suivant, elle dépose au nom de ses deux enfants une demande d’autorisation provisoire de séjour afin qu’ils puissent la rejoindre dans le cadre du regroupement familial.
La demande est refusée le 19 décembre 2025. Après plusieurs étapes administratives, le ministère maintient son refus en avril 2026. Les deux enfants saisissent alors le tribunal de La Haye, qui vient de rejeter leur recours dans une décision publiée le 4 septembre.
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Le dossier décrit pourtant une situation familiale difficile. Le mari de leur mère affirme que les enfants vivent désormais au Maroc sans prise en charge parentale et qu’aucun membre de la famille n’est en mesure de s’occuper durablement d’eux. Leur père biologique réside en Espagne et n’aurait plus eu de contact avec eux depuis onze ans.
Surtout, les deux mineurs sont à la maison depuis plus d’un an et ne vont actuellement plus à l’école. La famille soutient également que la séparation avec leur mère entraîne pour eux d’importantes conséquences psychologiques et émotionnelles.
Leur mère fait valoir qu’une nouvelle année scolaire commence et que maintenir les enfants au Maroc prolongerait encore leur déscolarisation. Elle estime également qu’il existe un obstacle concret à une vie familiale au Maroc : son mari néerlandais travaille comme enseignant aux Pays-Bas et considère qu’il ne peut lui être demandé de quitter l’Union européenne.
L’autorité parentale bloque tout le dossier
Mais le tribunal ne tranche finalement pas le dossier sur ces éléments. Le problème décisif est beaucoup plus administratif : la mère n’a pas apporté la preuve juridique qu’elle exerce l’autorité parentale sur ses enfants depuis son divorce.
La filiation, elle, n’est pas contestée. L’administration reconnaît qu’elle est leur mère biologique et que les enfants faisaient bien partie de son foyer lorsqu’elle vivait au Maroc. Mais elle réclame une décision judiciaire légalisée, accompagnée d’une traduction légalisée, précisant à qui l’autorité parentale a été attribuée après le divorce.
Le père avait pourtant signé une déclaration autorisant le départ des enfants. Cela n’a pas suffi. L’administration a notamment relevé l’absence d’une copie de sa pièce d’identité ainsi que des différences concernant sa date de naissance dans les documents produits. La justice estime donc que l’autorité parentale de la mère n’est toujours pas suffisamment démontrée.
Dans une autre affaire récente, ce sont au contraire les trois enfants restés au Maroc qui avaient permis à une Marocaine de faire annuler un refus de visa néerlandais.
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Le tribunal rejette donc le recours sans examiner en détail les autres arguments, notamment la déscolarisation ou la période d’attente imposée à la mère avant de pouvoir faire venir ses enfants.
La porte n’est toutefois pas définitivement fermée. Le juge précise qu’une nouvelle demande peut être déposée avec les justificatifs manquants. Il adresse aussi un avertissement à l’administration : dans ce cas, les autorités devront placer l’intérêt des enfants au premier plan et leur donner la possibilité d’exprimer eux-mêmes leur point de vue.
En attendant cette éventuelle nouvelle procédure, les deux mineurs restent au Maroc, séparés de leur mère et toujours déscolarisés depuis plus d’un an.