« Déshabille-le » ordonne un Marocain à une commissaire italienne, elle accepte

- 09h00 - Monde - Ecrit par : Nadia El Aoudani

À Milan, des conversations WhatsApp révèlent une relation troublante entre un informateur et la responsable d’une équipe de policiers municipaux. Huit arrestations sont désormais contestées par les enquêteurs italiens. Six agents ont été assignés à résidence.

« Déshabille-le. » Cet ordre n’émane pas d’un supérieur hiérarchique, mais d’Ayoub Makkaoui, un Marocain soupçonné de trafic de drogue. Sa destinataire, Ilenja Sabato, alors commissaire de la police municipale de Milan, lui répond qu’elle va s’en charger.

Cet échange, révélé le 23 octobre par le Corriere della Sera, illustre les rapports décrits par les magistrats italiens. Selon eux, Makkaoui aurait transformé une équipe de six policiers en instrument pour écarter ses concurrents sur le marché de la drogue.

L’informateur aurait choisi les personnes à interpeller, planifié les opérations et recruté de faux acheteurs pour piéger les trafiquants. Il aurait également financé des achats de stupéfiants et fourni du matériel de surveillance aux agents.

Le 11 juillet, il aurait demandé à Sabato d’envoyer immédiatement un homme en prison. Après une autre interpellation, la commissaire lui aurait transmis la photographie du suspect arrêté.

Des arrestations pour favoriser une promotion

L’enquête décrit une relation profitable aux deux parties. Makkaoui aurait ainsi éliminé des concurrents, tandis que la commissaire multipliait les arrestations dans l’espoir d’obtenir une promotion.

Les investigations portent désormais sur au moins huit arrestations présumées illégales. Les policiers concernés sont soupçonnés, à différents degrés, de faux, de dénonciations calomnieuses et d’autres infractions. Au total, 33 chefs d’accusation sont recensés dans cette procédure.

Cinq agents avaient été arrêtés dès le mois d’août. Un sixième a été assigné à résidence le 22 octobre, portant à six le nombre de policiers soumis à cette mesure, confirme ANSA.

Ayoub Makkaoui a également été interpellé le 22 octobre à Bareggio, près de Milan. Selon Il Giorno, les enquêteurs ont saisi près de 50 000 euros à son domicile.