Elle accusait un Marocain de l’avoir frappée à cause de son chien : c’est elle qui est désormais mise en cause
Une Italienne de 59 ans affirmait avoir été agressée par un Marocain parce qu’elle promenait son chien, considéré comme « impur ». L’affaire avait provoqué une polémique politique en Italie. Deux mois plus tard, c’est désormais cette femme qui fait l’objet d’une enquête pour violences et blessures.
L’affaire avait fait grand bruit en Italie. Une femme blessée au visage accusait un Marocain de l’avoir frappée à cause de son chien, prétendument jugé impur pour des raisons religieuses. Des responsables politiques s’étaient emparés de son témoignage pour dénoncer une agression à caractère religieux. Mais ce mercredi 14 octobre, le quotidien La Nuova Ferrara révèle un rebondissement : Susi Rimessi, 59 ans, est désormais visée par une enquête du parquet de Ferrare pour violences et blessures sur Hamza Hdya, le Marocain qu’elle avait publiquement accusé.
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Tout commence le 16 août à Portomaggiore, une commune du nord de l’Italie. Susi Rimessi affirme avoir été agressée alors qu’elle promenait son chien devant le domicile d’une famille marocaine. Selon son récit, l’animal aurait dérangé les occupants en raison de son caractère « impur » dans la religion musulmane. Une dispute aurait éclaté avant qu’elle soit frappée à la tête avec un objet. Blessée, elle publie sur les réseaux sociaux des photographies de son visage ensanglanté.
L’affaire prend rapidement une dimension nationale. Mauro Malaguti, député du parti Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, apporte son soutien à la quinquagénaire et interpelle le gouvernement. Il organise même une promenade collective dans les rues de Portomaggiore, invitant les habitants à venir avec leurs chiens. L’objectif affiché est de protester contre ce qui est alors présenté comme une agression liée à la religion.
Mais Hamza Hdya, qui vit en Italie depuis 2005 et possède la nationalité italienne, raconte une tout autre histoire. Avec son frère Yassine, il affirme que la femme avait commencé à filmer leur maison et leur famille, notamment un enfant mineur. Lorsqu’il lui a demandé d’arrêter, elle aurait répondu : « Je suis dans mon pays, je fais ce que je veux », avant de proférer des insultes.
Des vidéos fragilisent la première version des faits
Plusieurs enregistrements réalisés par des habitants et des proches du Marocain ont depuis été versés au débat. Ils montrent notamment des confrontations entre Susi Rimessi et la famille, y compris après l’altercation initiale. Hamza reconnaît lui avoir pris son téléphone pendant la dispute, mais nie l’avoir frappée avec un objet.
Selon sa version, la quinquagénaire aurait pénétré dans la propriété familiale et lui aurait donné huit gifles. Elle aurait également agressé sa mère de 62 ans, à laquelle elle aurait arraché son voile. Des documents médicaux évoqués par Estense.com font état de dix jours pour Hamza et treize pour sa mère. Susi Rimessi affirme, de son côté, avoir reçu quatre points de suture et s’être vu prescrire vingt jours de repos.
Les carabiniers n’ont retrouvé aucun objet correspondant à l’arme décrite par la femme. Hamza soutient qu’elle aurait été blessée lorsque tous deux sont tombés pendant leur altercation. Assisté par l’avocat Fabio Anselmo, il a déposé plainte. Le parquet de Ferrare examine désormais les accusations de violences et de contrainte illégale visant Susi Rimessi. Elle aurait également fait l’objet d’autres plaintes pour des faits survenus après la dispute, notamment des insultes répétées.
Un autre détail du parcours de Hamza a également été révélé par la presse italienne. Le 25 juillet, trois semaines avant l’altercation, il avait participé au sauvetage de deux enfants menacés de noyade dans le canal Logonovo, au Lido di Spina. Aidé par un autre homme, il était parvenu à les ramener hors de danger, avant de manquer lui-même de se noyer. Estense.com a confirmé cet épisode auprès des secours médicaux et des garde-côtes.
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L’enquête judiciaire doit maintenant déterminer les responsabilités dans l’altercation du 16 août. Selon La Nuova Ferrara, il n’était pas encore possible de confirmer l’existence d’une procédure visant également Hamza à la suite de la plainte initiale. Estense.com précise qu’aucun avis officiel de mise en cause ne lui avait été notifié au moment de sa publication.