Elle devait représenter la musique marocaine en Italie, ses papiers l’en empêchent

- 09h00 - Monde - Ecrit par : Mohamed A.

La chanteuse marocaine Asmaâ Hamzaoui devait se produire le 17 octobre à la prestigieuse Biennale de Venise. Des problèmes avec ses documents de voyage l’ont empêchée de rejoindre l’Italie. Les organisateurs ont dû remplacer son concert par une autre prestation.

Tout était prévu pour accueillir Asmaâ Hamzaoui et son groupe féminin Bnat Timbouktou au Teatro alle Tese, samedi 17 octobre à 18 heures. La musicienne originaire de Casablanca figurait à l’affiche de la 70e édition de la Biennale Musica, avec un spectacle consacré à la tradition gnaoua marocaine.

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Mais l’artiste n’a pas pu faire le déplacement. Dans un communiqué officiel publié le 17 octobre, la Biennale de Venise annonce son remplacement en raison de « problèmes avec ses documents de voyage ». L’établissement culturel s’en tient à cette explication concernant l’absence de la chanteuse.

Les organisateurs ont alors modifié la seconde partie du concert. La chanteuse américaine Alif Hilal a été chargée d’interpréter « Hymnal », une œuvre tirée de son dernier album, après la création mondiale de « In the Threshold of Your Love », programmée en ouverture de soirée.

Une pionnière de la musique gnaoua privée de scène

Pour Asmaâ Hamzaoui, ce rendez-vous à Venise représentait une nouvelle étape dans une carrière internationale construite autour du patrimoine musical marocain. Issue d’une famille de musiciens gnaoua de Casablanca, elle a appris très jeune à jouer du guembri, cet instrument traditionnel à trois cordes longtemps réservé aux hommes.

Fille du maître gnaoua Rachid Hamzaoui, elle a fondé Bnat Timbouktou en 2012. Cinq ans plus tard, sa participation au Festival Gnaoua d’Essaouira lui ouvre les portes des grandes scènes internationales. Selon la plateforme professionnelle WOMEX, le groupe s’est ensuite produit dans plusieurs festivals en Europe et aux États-Unis.

La programmation initiale de la Biennale prévoyait une prestation réunissant cinq musiciennes : Asmaâ Hamzaoui, Aïcha Hamzaoui, Mouna Guidiri, Diana Baretto et Narjis Chakir. Entre les sons graves du guembri, les percussions métalliques et les chants traditionnels, elles devaient faire découvrir au public vénitien un répertoire inspiré des cérémonies gnaoua marocaines.

La Biennale, qui se déroule du 10 au 24 octobre, avait notamment présenté Asmaâ Hamzaoui comme l’une des grandes figures féminines de cette tradition musicale, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2019.