Les États-Unis font du Maroc leur centre africain pour la guerre des drones

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

Les États-Unis relient leurs projets militaires consacrés aux drones en Afrique. Tandis que le Ghana développe des capacités de fabrication et d’essai, le Maroc doit devenir un pôle de formation, d’expérimentation et d’harmonisation pour plusieurs armées du continent.

Une délégation des forces armées ghanéennes s’est rendue les 21 et 22 juillet à Vicence, en Italie, pour découvrir comment l’armée américaine conçoit, fabrique et entretient ses petits drones directement au sein de ses unités.

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Les responsables ghanéens ont visité le laboratoire de drones de la 173ᵉ brigade aéroportée américaine. Ils ont étudié les méthodes de production, de réparation et de formation permettant aux militaires d’adapter rapidement leurs appareils aux besoins constatés sur le terrain.

Washington aide désormais le Ghana à créer sa propre capacité de production. Accra veut fabriquer des drones adaptés aux conditions locales, réduire sa dépendance aux importations et, à terme, fournir d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, explique l’armée américaine.

Les États-Unis envisagent également une coproduction avec le Ghana et souhaitent utiliser ses terrains pour tester des drones et des systèmes de lutte antidrones sous forte chaleur.

L’expérience ghanéenne doit notamment permettre d’améliorer l’autonomie des batteries, la résistance des appareils et leurs conditions d’entretien dans des environnements extrêmes.

Le Maroc devient le point de convergence

Ce partenariat n’est pas présenté comme une initiative isolée. L’armée américaine affirme qu’il progresse parallèlement à la création du Centre africain d’entraînement et d’expérimentation multidomaines au Maroc.

Baptisé AMTEC, ce dispositif commun au Maroc et au Commandement américain pour l’Afrique doit réunir une académie des drones, une zone d’entraînement multidomaine et un centre d’innovation militaire.

Une répartition des rôles commence ainsi à se dessiner. Le Ghana pourrait développer la production et les essais, tandis que le Maroc accueillerait des militaires africains pour rapprocher leurs méthodes et leur niveau de maîtrise des drones.

Les formations prévues au Maroc dépasseront le simple pilotage. Elles devraient porter sur le renseignement, la gestion de l’espace aérien, la guerre électronique et la neutralisation des appareils adverses.

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Washington construit ainsi un réseau africain dans lequel plusieurs pays apporteront leurs terrains, leurs capacités industrielles ou leur expérience opérationnelle. Le Maroc doit en devenir l’un des principaux centres de formation et d’expérimentation.