Football : le Maroc délaisse l’Afrique
Après avoir consolidé son influence sur le football africain, le Maroc vise désormais l’échiquier mondial. Co-organisateur du Mondial 2030, le royaume ambitionne également d’accueillir la Coupe du monde des clubs 2029, quitte à refroidir ses relations avec la CAF.
Le Maroc ne compte plus jouer les roues de secours pour les compétitions continentales. S’il organisera bien la CAN des moins de 17 ans jusqu’au 2 juin, le pays se détourne progressivement des tournois africains, rendant une candidature pour la CAN 2028 hautement improbable. L’heure est désormais à la consécration internationale, un changement de cap qui illustre la volonté de Rabat de s’imposer sur la carte mondiale du ballon rond.
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Ce basculement stratégique a d’ailleurs jeté un froid avec les instances africaines. Selon Jeune Afrique, les relations se sont tendues entre le Sud-Africain Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), et Fouzi Lekjaâ, patron du football marocain. L’absence de ce dernier à l’Assemblée générale de Dar es-Salaam le 13 février, couplée aux reports successifs réclamés par Rabat pour la CAN féminine et celle de futsal, a particulièrement agacé la direction continentale.
L’énergie marocaine est aujourd’hui quasi exclusivement focalisée sur l’organisation du Mondial 2030, partagée avec l’Espagne et le Portugal. Sur ce dossier, le royaume ne compte pas faire de la figuration face à ses voisins européens. Les Marocains espèrent vivement arracher l’organisation du match d’ouverture et, surtout, de la prestigieuse finale au futur grand stade Hassan-II de Benslimane et ses 115 000 places. Une ambition assumée qui fait bondir l’Espagne, elle aussi fermement en lice pour ces affiches majeures.
En attendant ce rendez-vous historique, le pays se positionne ouvertement pour accueillir la Coupe du monde des clubs de la Fifa en juin et juillet 2029. Face à la concurrence du Brésil, du Qatar, de l’Allemagne, de l’Australie ou de la Grande-Bretagne, le Maroc étudie une candidature en solo pour un format à 32 équipes, ou une coorganisation avec l’Espagne si la compétition passe à 48 clubs. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, et celui de la fédération marocaine devraient poursuivre leurs échanges à ce sujet lors du congrès prévu le 30 avril à Vancouver.
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Cette frénésie de grands événements s’inscrit dans une diplomatie sportive assumée de longue date, portée par des investissements massifs. « Le football comme instrument de soft power, c’était une évidence en Afrique, où ce sport est de loin le plus populaire », analyse Jean-Baptiste Guégan, expert en géopolitique sportive. Ce dernier estime qu’au regard des structures construites par le pays, il est désormais « logique qu’il vise de grandes compétitions mondiales » pour maximiser son exposition internationale.