La France freine brutalement sur les voitures marocaines : les ventes chutent de 25 %

- 05h00 - France - Ecrit par : Nadia El A.

Les ventes de véhicules marocains à la France ont chuté de 25 % en 2025. Ce recul contraste avec la progression d’autres produits industriels fabriqués au Maroc et contribue au retour d’un important excédent commercial français.

La baisse apparaît dans la nouvelle note sur les relations économiques bilatérales publiée le 10 septembre par la Direction générale du Trésor français. Celle-ci fait état d’une chute de 25 % des importations françaises de produits automobiles en provenance du Maroc.

La contre-performance des véhicules finis ne s’étend pas à toute la filière automobile marocaine. Les équipements destinés aux voitures, également importés depuis le royaume, progressent au contraire de 20 %. Le Maroc continue donc de gagner du terrain dans les composants malgré le recul beaucoup plus marqué des automobiles assemblées.

La même évolution avait déjà été observée dans les résultats globaux du secteur. En 2025, le Maroc a exporté 80 000 voitures de moins qu’un an auparavant, tandis que les ventes de câblages, de sièges et d’équipements intérieurs ont continué à augmenter.

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Les importations françaises en provenance du Maroc ont néanmoins atteint 7,4 milliards d’euros en 2025, soit une légère progression de 0,2 %. La chute des voitures a été compensée par la hausse du matériel électrique, dont les ventes à la France ont augmenté de 19 %, et par les produits aéronautiques, en progression de 12 %.

La France retrouve un excédent de 340 millions d’euros

Le recul des voitures marocaines a directement modifié la balance commerciale entre les deux pays. Les exportations françaises vers le Maroc ont augmenté de 3,6 %, à 7,7 milliards d’euros, alors que les importations françaises sont restées presque stables.

La France dégage ainsi un excédent commercial de 340 millions d’euros avec le Maroc, contre seulement 82 millions en 2024. Un retournement important après le déficit de 835 millions d’euros enregistré en 2023.

Entre 2012 et 2023, la montée en puissance des industries marocaines avait progressivement effacé l’excédent français, qui atteignait encore 1,1 milliard d’euros en 2012. La forte baisse des livraisons de voitures permet désormais à la France de reprendre l’avantage pour la deuxième année consécutive.

Ce recul intervient alors que les constructeurs marocains restent fortement dépendants du marché européen et des véhicules thermiques. Le basculement de la demande vers les modèles électriques et la concurrence croissante des voitures chinoises en Europe pèsent sur les commandes adressées aux usines du royaume.

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Malgré cette baisse, la France demeure le deuxième débouché commercial du Maroc. Elle absorbe 19 % des exportations marocaines et conserve sa place de premier client du royaume en Afrique.

Les échanges entre les deux pays ont même atteint un record de 15,1 milliards d’euros en 2025, en hausse de 1,9 %. Le commerce bilatéral a plus que doublé depuis 2015. Derrière cette progression générale se cache toutefois un changement important : les voitures finies perdent du terrain en France, tandis que les composants automobiles, le matériel électrique et l’aéronautique marocains continuent d’y progresser.