Le grand-père de Léonard de Vinci faisait du commerce au Maroc : une lettre de 1402 le révèle
Une lettre datée de 1402 raconte les affaires d’un marchand italien à Fès, entre poivre, cire et teintures précieuses. Son auteur n’était autre que le grand-père de Léonard de Vinci. Cette histoire méconnue sera présentée le 20 octobre au consulat d’Italie à Casablanca.
Le 1er mai 1402, un marchand italien prend la plume à Alcudia, un port de la côte méditerranéenne marocaine, près de l’actuelle Nador. Dans une lettre adressée à un responsable commercial installé à Majorque, il raconte ses affaires à Fès, ses achats et ses échanges de marchandises. L’homme s’appelle Antonio da Vinci. Cinquante ans plus tard, il enregistrera la naissance de son petit-fils, Léonard, futur auteur de La Joconde.
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Cette correspondance, conservée dans les archives marchandes italiennes et identifiée par le chercheur Alessandro Vezzosi, dévoile un pan longtemps ignoré de l’histoire familiale du génie de la Renaissance. Antonio di Ser Piero da Vinci n’était pas simplement un propriétaire terrien de Toscane. Il avait aussi parcouru la Méditerranée pour faire du commerce, bien avant la naissance de son célèbre petit-fils.
Son voyage marocain le conduit d’abord à Alcudia de Barbarie, alors un important comptoir fréquenté par les marchands chrétiens, musulmans et juifs. Le port constitue une porte d’entrée vers les marchés de l’intérieur du pays, notamment ceux de Fès. C’est là qu’Antonio négocie plusieurs produits recherchés sur les marchés européens.
Dans sa lettre à Cristoforo di Bartolo Carocci, responsable d’une compagnie liée au puissant marchand florentin Francesco Datini, il détaille ses transactions. On y retrouve du poivre de Guinée, de la laque, de l’alun et du tartre, utilisés notamment pour la teinture et le traitement des textiles et du cuir. Il mentionne également la cire provenant du Gharb marocain.
Un grand-père marchand que les historiens connaissaient mal
Les affaires d’Antonio ne s’arrêtent pas au Maroc. En mars 1404, il se trouve à Barcelone, où il représente son cousin Frosino, lui aussi engagé dans le commerce méditerranéen. Sa mission consiste notamment à percevoir des taxes sur le passage de marchandises auprès de négociants italiens.
Ces documents ont bouleversé l’image que les historiens se faisaient du grand-père de Léonard. Une déclaration fiscale de 1427 le présentait comme un homme sans profession particulière, vivant de ses propriétés. Ses activités commerciales au Maroc et en Espagne étaient restées dans l’ombre jusqu’aux recherches d’Alessandro Vezzosi et d’Agnese Sabato, rendues publiques en 2019 dans leur ouvrage consacré aux origines de la famille da Vinci.
Les deux chercheurs ont notamment exploité le fonds Datini, conservé aux Archives d’État de Prato, en Toscane. Cette collection de correspondances commerciales permet de reconstituer les relations entretenues par les marchands italiens avec les ports et les grandes villes du bassin méditerranéen au début du XVe siècle.
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Cette histoire revient aujourd’hui sur le devant de la scène au Maroc. Selon l’agence italienne ANSA, Alessandro Vezzosi et Agnese Sabato présenteront leur ouvrage « Genìa da Vinci » le mardi 20 octobre, à 18 heures, dans la salle Garibaldi du consulat général d’Italie à Casablanca, à l’occasion de la 26e Semaine de la langue italienne dans le monde.
Le consulat voit dans ce voyage de 1402 un précédent aux échanges commerciaux actuels entre les deux pays. Dans son communiqué, il souligne que le grand-père de Léonard avait été accueilli au Maroc avec « une grande amitié et hospitalité », près de quatre-vingt-dix ans avant le premier voyage de Christophe Colomb vers l’Amérique.