Ce groupe français voulait protéger l’Europe du Maroc : il y ouvre maintenant sa quatrième usine
Au Maroc, OPmobility annonce plus de 100 emplois dans une nouvelle usine. En France et en Allemagne, le même équipementier prévoit de supprimer 770 postes. Un contraste saisissant pour ce groupe qui réclamait, en janvier, des règles européennes favorisant les composants fabriqués dans l’Union.
75 % de composants européens dans les voitures électriques. C’est ce que réclamait en janvier Félicie Burelle, patronne d’OPmobility, aux côtés des dirigeants de Valeo et Forvia. Neuf mois plus tard, la dirigeante vient d’inaugurer la quatrième usine marocaine de son groupe, à Kénitra.
Dans une tribune commune publiée le 19 janvier, les trois équipementiers français demandaient à Bruxelles d’imposer ce seuil pour protéger leurs usines de la concurrence étrangère. Les composants fabriqués au Maroc resteraient en dehors de ce périmètre européen. Cette offensive industrielle, qui visait notamment les productions marocaines, avait déjà suscité des inquiétudes pour les constructeurs installés dans le royaume.
Le 19 octobre, changement de décor. OPmobility, anciennement Plastic Omnium, annonce l’ouverture d’un nouveau site de production dans l’Atlantic Free Zone de Kénitra. L’usine fabriquera des pièces extérieures de carrosserie pour un grand constructeur automobile international, dont le nom reste confidentiel.
Plus de 100 emplois doivent y être créés. Selon le communiqué officiel d’OPmobility, cette implantation porte les effectifs du groupe à plus de 1 400 salariés au Maroc, dont 510 à Kénitra. L’entreprise possède désormais deux usines dans cette ville et deux autres à Tanger.
770 postes menacés en France et en Allemagne
Deux semaines avant cette inauguration, OPmobility annonçait pourtant un important plan de restructuration en Europe. Le projet prévoit la suppression de 460 postes en Allemagne et de 310 en France, selon Reuters.
En Allemagne, l’équipementier envisage de fermer son usine de pièces de carrosserie de Sterbfritz et de répartir sa production entre d’autres sites allemands. En France, il prévoit de regrouper des activités de recherche et développement à Lachelle, dans l’Oise, et de réduire les capacités de son usine de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord.
Le groupe invoque le ralentissement du marché automobile, les changements de commandes de ses clients et les difficultés de la filière hydrogène. Ses ventes continuent pourtant de progresser : ce mercredi 21 octobre, OPmobility a annoncé un chiffre d’affaires trimestriel de 2,44 milliards d’euros, en hausse de 2,8 % à périmètre et taux de change constants.
Sur Bladi.net : Automobile : la France et l’Allemagne ouvrent la porte au Royaume-Uni, pas au Maroc
Cette expansion marocaine intervient alors que Paris et Berlin viennent de s’entendre sur des critères de production européenne qui laisseraient les usines du Maroc hors des avantages réservés au « Made in Europe ». Les équipements fabriqués à Kénitra alimenteront pourtant les chaînes d’un grand constructeur automobile international.
Présent au Maroc depuis 2013, OPmobility y fabrique déjà des systèmes de stockage d’énergie, des équipements d’éclairage et des pièces de carrosserie. Son nouveau site de Kénitra, voisin d’une usine ouverte en 2018, utilise des technologies automatisées pour la production, la manutention et le stockage. Le groupe indique qu’il répondra à une demande croissante de ses clients.