Hajir Hajji, hier caissière, aujourd’hui patronne du groupe Action (16 milliards d’euros)

- 20h00 - Monde - Ecrit par : Nadia El A.

Première femme à diriger le géant néerlandais de la distribution, Hajir Hajji illustre une trajectoire professionnelle exceptionnelle. Embauchée comme employée de magasin à 17 ans, cette dirigeante d’origine marocaine pilote désormais une enseigne générant 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

En s’installant officiellement dans le fauteuil de directrice générale en janvier 2022, suite à l’approbation du comité d’entreprise, la responsable de 44 ans a fixé de nouvelles priorités pour la marque à bas prix. Sa feuille de route privilégie fortement la transition écologique et l’accélération numérique. La crise sanitaire avait d’ailleurs déjà contraint le groupe à investir massivement dans ses ventes sur internet, comblant les lacunes d’une boutique virtuelle jusqu’alors très sommaire.

Cette vision stratégique s’appuie sur une connaissance intime de la société, acquise au fil d’un parcours hors norme. Recrutée à l’origine pour tenir les caisses et garnir les étagères, elle a patiemment franchi toutes les strates de la hiérarchie pour intégrer le comité dirigeant dès 2011. Avant sa consécration, elle a notamment occupé le poste de directrice commerciale durant trois années, supervisant directement les achats, le marketing, le commerce électronique et le développement durable.

L’arrivée de cette nouvelle figure de proue vient clôturer le mandat de Sander van der Laan, qui a cédé sa place après six ans de gouvernance. En poste depuis 2015, cet ancien dirigeant a orchestré une expansion spectaculaire à travers l’Europe. Sous son impulsion, la chaîne de magasins a vu son maillage territorial exploser, passant de 600 adresses implantées dans six pays à plus de 2 800 points de vente.

Afin de garantir une continuité fluide au sommet de l’organigramme, le prédécesseur a accompagné sa successeure durant les premiers mois de la transition. L’enjeu reste colossal pour Hajir Hajji, qui a pris les commandes d’une véritable machine économique dont les revenus annuels, d’abord passés de 2 à près de 5,6 milliards d’euros sous l’ère précédente, ont aujourd’hui atteint des sommets.