Huelva ne veut plus recruter de saisonnières marocaines

11 juillet 2020 - 17h30 - Espagne - Ecrit par : A.P

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Les producteurs de fraises de la province de Huelva envisagent de suspendre les contrats d’intérim dès la prochaine campagne. La situation des 7 100 saisonnières marocaines, bloquées pendant près d’un mois dans la province en raison de la fermeture des frontières marocaines, à laquelle une solution alternative n’a pu être trouvée, serait à la base de la décision.

«  Jusqu’à présent, ce système a bien fonctionné car, il n’y a jamais eu de contingence comme celle-ci. Mais en cas de problèmes, nous avons constaté qu’aucune des principales administrations ne propose de solutions  », expliquent-ils.

Comme mesures palliatives, les employeurs envisagent de rechercher de la main-d’œuvre dans les pays d’Europe orientale ou d’Amérique du Sud. «  Nous devons nous assurer que tous les employés ne viennent pas du même pays, pour éviter de telles situations  », explique Antonio Luis Martín, un producteur de fraises de Cartaya (Huelva) et pionnier du mode de recrutement actuel depuis plus de 20 ans.

Comme ses collègues, Martín craint que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets l’année prochaine. Pour lui, la solution passe par l’Europe. «  Nous devons créer des liens avec d’autres pays en dehors de l’Union européenne, comme l’Ukraine, la Moldavie, la Biélorussie ou la Macédoine, qui ont également une culture et des coutumes similaires à la nôtre  », a-t-il ajouté.

Pour remplacer la main-d’œuvre marocaine, estimée en moyenne à environ 15 000 au cours des 15 dernières années, par celle des autres pays, les producteurs de fraises consultés suggèrent de tenir compte de la viabilité économique et du contenu des traités internationaux avec ces pays.

Près de 15 % du personnel travaillant pendant la campagne de fraises dans la province de Huelva sont des saisonnières marocaines. La fermeture des frontières le 13 mars pour cause de Covid-19, a réduit le nombre de ces dernières de 14 000 à 7 200, obligeant les producteurs à rechercher de la main-d’œuvre locale ou de jeunes migrants étrangers pour sauver la saison. À la mi-juin, ces femmes dont les contrats sont arrivés à terme, ne pouvaient rentrer chez elles. Les négociations de l’Espagne avec le Maroc ont abouti au rapatriement d’une centaine de saisonnières malades, enceintes ou ayant récemment accouché.

Pour celles qui sont restées à Huelva, la situation devient insoutenable, étant donné qu’elles ont épuisé le peu d’économie destinée à leurs familles pour se nourrir et survivre. Les ONG et les producteurs parlent déjà d’une «  grave crise humanitaire  ».

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