L’historienne espagnole, Maria Rosa de Madariaga, parle aux Marocains

- 14h43 - Espagne - Ecrit par :

Maria Rosade Madariaga est historienne. Et si son nom nous est si familier aujourd’hui au Maroc, c’est parce qu’elle a eu le courage et l’honnêteté intellectuelle d’intervenir dans la crise de l’îlot Perejil/Tawra. Une intervention qui a eu le mérite de clarifier une erreur historique commise par son propre pays. D’un point de vue strictement historique, l’îlot n’a jamais appartenu à l’Espagne.

En tous les cas, les faits historiques « montrent que la question de la "souveraineté" de l’Espagne sur l’îlot est un faux contentieux dans la mesure où aucun document ne prouve qu’elle appartient à l’Espagne ». Une clarification historique qui sera publiée par notre confrère espagnol El Pais au moment où la crise maroco-espagnole semblait avoir atteint un point de non-retour.

Lorsque Mme De Madariaga nous parle, elle tient constamment à rappeler que ses positions ne reposent pas sur des donnes politiques mais strictement historiques. Pourtant, a contrario de nombre de ses confrères historiens, cette diplômée en langues et civilisations arabes et auteur de nombreux ouvrages consacrés en partie aux relations maroco-espagnoles, n’hésite pas à prendre la parole lorsque les politiques se trompent. Mais pas seulement. Heureusement. Cette citoyenne du monde fait partie de ces intellectuels espagnols qui sont en faveur d’une meilleure compréhension de l’autre, et dans ce cas précis, du "Mauro". De ce "Maure" venu essentiellement du Maroc, qui, dans la mémoire collective espagnole, continue d’être considéré comme cet étranger honni.

Il y a quatorze ans, elle publiait déjà une étude sur "l’image du maure dans la mémoire collective du peuple espagnol et le retour du maure dans la guerre civile de 1936". Elle tentait d’y déceler les "raisons" qui ont contribué à la création de stéréotypes et de l’image effrayante du marocain en Espagne. Aujourd’hui nous affirme-t-elle "tous ces stéréotypes ancestraux risquent d’avoir des retombées alarmantes sur les immigrés marocains établis dans notre pays, et dont beaucoup sont souvent l’objet d’attaques racistes". Elle en conclut qu’un travail d’information auprès de l’opinion publique espagnole paraît plus indispensable que jamais.

Une meilleure compréhension qui passe par un travail sur les Hommes, mais aussi sur cette Histoire marquée par des tensions liées essentiellement à la notion de "territorialité".

Sebta, Mellilia, les îles Chaffarines, mais aussi le Sahara. Des questions qui enveniment les relations politiques entre les deux pays les plus proches des deux rives de la Méditerranée . Malgré leur sensibilité, Mme De Madariaga n’hésite pas à nous répondre, lorsque nous lui avons demandé de donner son point de vue d’historienne. Connaissant ses convictions anticolonialistes et sa sympathie affichée pour Abdelkrim (Lire « L’Espagne et le Rif. Une guerre presque oubliée »), nous tenions à l’entendre , elle, plus particulièrement, sur ces questions " épineuses ".

Pour Sebta et Mellilia, elle estime que le tabou autour de ces deux présides occupés doit cesser : « Il faudra que les gouvernements marocain et espagnol en parlent un jour , mais en gardant la tête froide. Mais, je ne pense pas que ce soit, à l’heure actuelle, le meilleur moment d’en parler ».

Côté, Sahara, un dossier qu’elle affirme modestement "mal connaître", Mme Madariaga, estime que l’engagement de l’Espagne dans ce dossier vital pour le Maroc serait dû à son passé de puissance coloniale, mais aussi à l’idée très répandue selon laquelle "l’Espagne a été obligée de se retirer du Sahara dans des conditions humiliantes".

Source : liberation

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