La piste Al-Qaeda « prématurée »

- 10h12 - Maroc - Ecrit par :

Rabat a promis hier de faire la lumière « dans de brefs délais » sur les cinq attentats à la bombe et à la voiture piégée qui ont fait quarante et un morts et une centaine de blessés vendredi soir à Casablanca. Les premiers éléments de l’enquête indiquaient hier que certains des kamikazes étaient des Marocains revenus récemment de l’étranger et auraient été liés à un groupe islamiste interdit. Plus de trente arrestations ont déjà été opérées à l’occasion d’un vaste coup de filet dans les milieux intégristes marocains.

Les attaques, perpétrées dans le centre-ville de Casablanca, ont visé des cibles juives et des établissements fréquentés par des étrangers. La majorité des victimes sont de nationalité marocaine, mais trois Français ont trouvé la mort et un quatrième a été blessé ; trois Espagnols ont été tués et quatre blessés. Un ressortissant italien enfin compte parmi les victimes. Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs indiqué que, parmi les treize kamikazes morts dans les attaques, six corps avaient pu être identifiés ­ tous marocains ­, les sept autres étant « en cours d’identification ».

« Etat étranger ». Certains d’entre eux étaient « récemment venus d’un Etat étranger », a déclaré à la télévision le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubâa, sans préciser de quel Etat il s’agissait. « Ces kamikazes ont un rapport avec un groupe marocain qui se fait appeler Assirat Al Moustaqim (le Droit chemin), objet d’une affaire en cours d’instruction à la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca », a-t-il ajouté. Les autorités marocaines ont acquis la conviction que la cellule de quatorze jeunes terroristes d’une vingtaine d’années qui a commis les attentats est « rattachée à un réseau international », a indiqué le ministre de la Communication. Il est toutefois « prématuré » d’affirmer qu’il s’agit d’Al-Qaeda, a-t-il ajouté. Des experts français et espagnols ont été dépêchés à Casablanca pour participer à l’enquête.

Maroc « apostat ». Le roi Mohammed VI s’est rendu hier sur les lieux des attentats. « Ces actes terroristes visent à saper les fondements millénaires de notre société », a affirmé le palais royal, ajoutant que les attentats « sont l’oeuvre d’un réseau international de terrorisme contre lequel le Maroc est déterminé à sévir sans merci ». Oussama ben Laden avait cité, dans une cassette qui lui avait été attribuée en février, le Maroc parmi les pays arabes « apostats » en raison de leur alliance avec les Etats-Unis. En mai 2002, des membres d’une « cellule dormante » d’Al-Qaeda, dirigée par trois Saoudiens, avaient été arrêtés par la police marocaine, soupçonnés de préparer des attentats dans le pays et contre des navires de l’Otan dans le détroit de Gibraltar.

Simultanément, en Arabie Saoudite, le ministère de l’Intérieur a annoncé hier l’arrestation de quatre membres présumés d’Al-Qaeda informés par avance des attentats de lundi dernier à Riyad, qui ont fait trente-quatre morts. Le prince Nayef ben Abdoulaziz, ministre de l’Intérieur saoudien, a ajouté qu’il était trop tôt pour faire le lien entre les événements de Riyad et ceux de Casablanca.

AFP

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    Les attentats terroristes à Casablanca ont suscité l'effroi. Aucune religion, aucune idéologie, aucune explication ne peuvent justifier de tels crimes. Le monde dans lequel nous vivons est confronté à des actes barbares qui défient le sens commun et qui exigent une condamnation sans appel, une solidarité claire envers les victimes et une riposte appropriée contre la barbarie. Le lien possible entre les attentats meurtriers de Casablanca et l'organisation terroriste Al Qaïda a pris corps. Les premiers éléments de l'enquête désignant des intégristes marocains rattachés à un « réseau international ».

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