Le Maroc les attire, mais leur salaire et l’avenir de leurs enfants les retiennent en Europe

- 13h00 - Maroc - Ecrit par : Betty de G.

Quitter la France, la Belgique ou les Pays-Bas pour s’installer au Maroc séduit une partie des nouvelles générations de MRE. Mais entre les salaires, la scolarité des enfants, les soins et les démarches administratives, le projet se heurte à quatre difficultés bien concrètes.

Sur 84 descendants de Marocains nés en France ou en Belgique et interrogés à Oujda, 61 % pouvaient imaginer vivre au Maroc. Pourtant, seule une petite minorité avait franchi le pas. Ce décalage entre l’envie et la réalité est au cœur d’une analyse publiée le 8 octobre par Eurac Research. La chercheuse Elettra Calò, de l’université de Liège, identifie quatre obstacles qui pèsent sur les projets d’installation.

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Le premier est financier. Un diplôme obtenu en Europe, une expérience professionnelle et la maîtrise de plusieurs langues peuvent ouvrir des portes au Maroc. Mais les rémunérations proposées sont souvent inférieures à celles auxquelles ces candidats sont habitués. La chercheuse souligne l’importance de l’épargne, des revenus conservés à l’étranger et des réseaux professionnels. Ces ressources permettent à certains de tenter l’aventure dans de meilleures conditions.

Pour les familles, la scolarité des enfants constitue un deuxième obstacle. Passer du système français, belge ou néerlandais à l’enseignement marocain implique parfois de changer de langue et de programme. L’âge joue également : après 11 ou 12 ans, la transition scolaire peut devenir particulièrement délicate. Le choix de l’établissement et la continuité des études peuvent peser lourd dans la décision des parents.

Santé et administration : deux autres difficultés au retour

Troisième préoccupation : les soins médicaux. Les candidats au retour comparent les conditions d’accès aux services de santé au Maroc et dans leur pays de résidence. La qualité des établissements, la couverture médicale et la continuité des droits sociaux entrent dans leurs calculs, particulièrement lorsqu’ils ont des enfants ou des proches nécessitant un suivi régulier.

Les démarches administratives complètent la liste. Travailler, créer une entreprise, organiser ses finances ou transférer ses droits sociaux suppose de composer avec plusieurs procédures. Certaines règles sont particulièrement précises. Un MRE recruté au Maroc qui souhaite transférer son salaire vers l’étranger doit notamment justifier de cinq années d’activité professionnelle hors du royaume pour bénéficier du dispositif prévu par l’Office des changes.

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Ces contraintes n’empêchent pas les projets de se multiplier. Selon Elettra Calò, les descendants de Marocains qui envisagent de s’installer au royaume privilégient souvent Casablanca, Rabat, Tanger ou Agadir plutôt que la ville d’origine de leurs parents. Ils recherchent avant tout des perspectives professionnelles, des possibilités d’entreprendre et un cadre de vie différent.

Le retour n’est d’ailleurs pas nécessairement définitif. Certains choisissent de passer quelques années au Maroc pour développer une activité ou faire progresser leur carrière, tout en conservant leurs attaches professionnelles et familiales en Europe. Une manière de construire leur avenir entre les deux rives de la Méditerranée.