Ils quittent les Pays-Bas, mais 80 % des descendants de Marocains finissent par revenir
Quitter les Pays-Bas ne signifie pas forcément s’installer définitivement ailleurs. Parmi les descendants adultes de Marocains nés dans le pays et partis vivre à l’étranger, 80 % étaient revenus dans les six ans. Une analyse européenne publiée le 8 octobre éclaire ce phénomène et bouscule l’idée d’un retour massif aux origines.
Ils partent pour construire une autre vie, parfois au Maroc, parfois beaucoup plus loin. Pourtant, une grande majorité finit par retrouver les Pays-Bas. Selon les statistiques officielles néerlandaises, 80 % des descendants de Marocains ayant émigré à l’âge adulte sont revenus dans leur pays de naissance dans un délai de six ans. Un chiffre qui raconte une réalité bien différente de celle d’un départ définitif.
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Ces données proviennent du Bureau central des statistiques néerlandais (CBS). Elles concernent les personnes nées aux Pays-Bas entre 1980 et 1999, dont les déplacements ont été étudiés sur la période 1995-2017. Parmi cette population d’origine marocaine, seuls 14 % avaient d’ailleurs quitté le pays au moins une fois.
Autre surprise : lorsqu’ils décident de partir à l’âge adulte, ces descendants de Marocains ne choisissent pas nécessairement le pays de leurs parents. Parmi ceux dont la destination est connue, 84,3 % se dirigent vers un autre pays que le Maroc.
Le Maroc attire, mais le départ n’est pas toujours définitif
Ces résultats sont remis en perspective dans une analyse publiée le 8 octobre par Eurac Research. La chercheuse Elettra Calò y examine les projets de mobilité des enfants d’immigrés marocains élevés en Europe.
Pour ceux qui choisissent le Maroc, Casablanca, Rabat, Tanger et Agadir attirent davantage que les villages d’origine de leurs parents. Les perspectives professionnelles, les possibilités d’entreprendre et le cadre de vie comptent autant que les attaches familiales.
Mais l’installation peut se heurter à des difficultés très concrètes : des salaires moins élevés, la scolarité des enfants, l’accès aux soins ou les démarches administratives. Partir au Maroc ne garantit donc pas d’y construire durablement sa vie.
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La chercheuse cite également une enquête menée auprès de 84 descendants de Marocains nés en France ou en Belgique et interrogés à Oujda. Parmi eux, 61 % pouvaient envisager de vivre au Maroc. Seule une petite minorité l’avait effectivement fait.
Ces parcours montrent surtout que les jeunes générations disposent de plusieurs possibilités. Une installation au Maroc peut être une étape professionnelle, suivie d’un nouveau départ ou d’un retour en Europe. Pour ceux qui ont grandi aux Pays-Bas, le pays de naissance reste souvent un point d’ancrage, même après une expérience à l’étranger.