Ces MRE qui quittent définitivement les Pays-Bas
Des milliers de Néerlandais d’origine marocaine quittent les Pays-Bas pour se réinstaller au Maroc, un phénomène mis en avant par un récent reportage du média Nieuwsuur. Ce mouvement migratoire a conduit à la formation d’un véritable « quartier hollandais » à Tanger, où l’usage de la langue néerlandaise devient courant dans les cafés et les commerces locaux.
Abdenbi Abdellaoui, installé depuis 25 ans après avoir quitté Bois-le-Duc, témoigne de cette dynamique. De nombreux arrivants, y compris des membres de la deuxième génération, ouvrent désormais leurs propres entreprises dans les secteurs du bâtiment ou de l’ameublement, profitant d’un climat économique marocain jugé favorable aux entrepreneurs. Cette tendance est telle que les commerçants locaux s’adaptent et apprennent le néerlandais pour répondre aux besoins de cette nouvelle clientèle.
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Au-delà des opportunités d’affaires, ce retour est également motivé par des facteurs sociologiques profonds. Selon le médecin Nordin Dahhan, ancien praticien à l’AMC, de nombreux expatriés disent fuir une « atmosphère hostile » aux Pays-Bas. Ils expriment la volonté de ne pas voir leurs enfants grandir dans un environnement où ils ne se sentent plus les bienvenus.
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Pour ces familles, le départ vers le Maroc ne représente pas seulement un choix économique, mais une réponse à un sentiment de rejet croissant dans leur pays de naissance. Ce flux migratoire inverse souligne un changement de perception des Pays-Bas au sein de la communauté maroco-néerlandaise, qui privilégie désormais la qualité de vie et la stabilité sociale offertes par le Royaume.