« Tous les Marocains ne sont pas des voleurs », le devoir raciste qui scandalise les parents
Un exercice de grammaire a viré au dérapage raciste dans une école de Schiedam, aux Pays-Bas. Des élèves ont dû corriger une lettre fictive accumulant les clichés sur les Marocains, du permis de séjour expiré aux accusations de vol, provoquant la colère des familles.
Les élèves du LIFE College pensaient réviser leur orthographe pour les examens, ils se sont retrouvés face à un catalogue de préjugés. L’exercice distribué en cours de néerlandais consistait à corriger une lettre de motivation fictive. Le document, censé émaner d’un candidat nommé « Abdel », enchaînait les stéréotypes toxiques : mention d’un permis de séjour expiré depuis trois ans et une précision lunaire affirmant que « tous les Marocains ne sont pas des voleurs », le tout conclu par une formule familière adressée aux mères.
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La découverte du document a sidéré une mère de famille. Indignée que sa fille soit exposée à de tels contenus en classe, elle a partagé le devoir sur les réseaux sociaux, qualifiant l’acte de racisme pur. La publication a déclenché une avalanche de réactions, les internautes dénonçant une discrimination déguisée en pédagogie. Même au sein de l’établissement, des membres du personnel ont exprimé leur désaccord en ligne, refusant d’être associés à cette initiative.
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La direction de l’établissement a rapidement convoqué l’enseignant concerné. Ce dernier a expliqué avoir utilisé un vieux modèle de lettre datant de 2009, qu’il avait actualisé pour montrer aux élèves un exemple de candidature à ne surtout pas reproduire. L’argument n’a pas convaincu l’administration. Le collège a reconnu le caractère répréhensible du texte, admettant qu’il véhiculait des stéréotypes négatifs contraires aux valeurs de respect et d’égalité de l’école.
L’école a présenté ses excuses officielles à la mère et envoyé un courriel d’explication à l’ensemble des parents. Si les professeurs disposent d’une liberté dans le choix de leurs supports, la direction concède ici une erreur de jugement majeure. Le sujet sera d’ailleurs abordé directement avec les élèves en classe pour déconstruire les préjugés validés par ce devoir maladroit.
