Montréal : condamnée pour avoir escroqué des parents, elle s’enfuit au Maroc sans laisser de traces
La justice québécoise a définitivement tranché le sort d’une directrice de garderie, d’origine marocaine, reconnue coupable d’escroquerie, qui a choisi la fuite plutôt que la prison. La Cour d’appel du Québec a rejeté cette semaine le recours déposé par Fatima El Boukhari, estimant que son départ précipité vers le Maroc démontrait sa volonté de se soustraire à l’autorité des tribunaux.
La femme de 51 ans, qui avait été condamnée le 30 janvier dernier à un an de prison ferme pour fraude, avait profité de sa remise en liberté sous conditions durant le processus d’appel pour quitter le pays. Malgré l’interdiction de quitter sa résidence, elle s’est envolée vers son Maroc natal le 18 mai, échappant ainsi à la surveillance des autorités canadiennes. L’absence de traité d’extradition entre le Canada et le Maroc rend désormais très improbable son incarcération pour purger sa peine, tout comme sa comparution pour un autre procès en attente concernant une fraude fiscale présumée de plus d’un million de dollars, relate la Presse.
Un stratagème financier qui a endetté les familles
Le dossier révèle une escroquerie élaborée au préjudice de plusieurs familles de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Fatima El Boukhari faisait croire aux parents que son établissement était subventionné par l’État, fixant le tarif journalier à 8,35 dollars. En réalité, elle utilisait les informations personnelles des parents à leur insu pour remplir des demandes de remboursement anticipé de crédit d’impôt, en falsifiant des données telles que les revenus ou les adresses pour maximiser les montants.
Une fois les versements du gouvernement déposés sur les comptes bancaires des parents, la directrice les prélevait immédiatement pour le compte de la garderie. Les conséquences financières pour les victimes ont été lourdes lorsque le fisc, Revenu Québec, a réclamé ces sommes indûment perçues avec intérêts. Une mère de famille s’est ainsi retrouvée avec une dette de 20 000 dollars et un compte gelé, illustrant les dégâts causés par ce système frauduleux.