Avis aux Marocains : le Québec supprime la voie royale de la résidence permanente
Le gouvernement québécois a annoncé une refonte majeure de sa politique d’immigration ce jeudi. Il a aboli le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), une voie d’accès très prisée par les étudiants et travailleurs étrangers, dont les Marocains, tout en réduisant ses seuils d’immigration permanente de 60 000 à 45 000 personnes dès l’an prochain.
Créé en 2010, le PEQ était une étape populaire vers la résidence permanente, offrant un volet pour les diplômés d’établissements québécois et un autre pour les travailleurs temporaires. Après un durcissement des conditions en 2020, qui avait provoqué un « déclin des demandeurs » selon l’association des avocats en droit de l’immigration (AQAADI), le gouvernement avait assoupli les règles pour les diplômés en 2023, avant de suspendre les deux volets en 2024 et 2025, puis de les abolir définitivement jeudi dernier.
Cette suppression a été vivement critiquée. Gabrielle Thiboutot, coprésidente de l’AQAADI, a qualifié la décision d’« aberrante », déplorant que le Québec se prive de sa « propre main-d’œuvre » déjà intégrée et formée. « On va se retrouver avec des jeunes qui travaillent ou étudient ici depuis des années, et qui vont devoir repartir ou changer de province », a-t-elle déclaré au Devoir. Les chiffres officiels montrent qu’environ 3 643 diplômés ont été sélectionnés via le PEQ en 2023, contre 1 958 en 2022.
Quelles options reste-t-il pour les travailleurs qualifiés ?
La seule voie d’immigration économique restante au Québec est désormais le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), lancé en juillet 2025. Ce nouveau programme fonctionne sur un système de points complexe, basé sur l’âge, l’éducation, le niveau de français, l’expérience et la région de résidence, favorisant notamment les candidats s’installant hors de Montréal. Les intéressés doivent déposer une déclaration d’intérêt et attendre d’être invités à présenter une demande.
Cependant, ce nouveau programme n’offre que peu de perspectives pour le moment. « Le programme du PSTQ vient de commencer les rondes d’invitations et il y en a très peu jusqu’à maintenant », estime Me Thiboutot. Face à ce blocage, elle suggère une solution radicale aux candidats francophones : quitter la province. « Ma recommandation actuelle pour les francophones, c’est “sortez du Québec” », a-t-elle affirmé, précisant que le programme fédéral Entrée express était plus rapide et avantageux pour eux.