Le Canada coupe drastiquement dans l’immigration temporaire
Le gouvernement canadien a annoncé un changement majeur dans sa politique d’immigration. Face à des pressions internes croissantes sur les services publics et le logement, Ottawa a décidé de réduire considérablement le nombre de résidents temporaires qui seront admis dans le pays au cours des prochaines années.
Cette décision a été officialisée dans le premier budget du gouvernement du Premier ministre Mark Carney. Le texte prévoit de ramener le nombre de résidents temporaires (qui inclut étudiants et travailleurs) de 673 650 en 2025 à 385 000 en 2026, puis à 370 000 pour les deux années suivantes. Le gouvernement justifie cette baisse drastique par le fait que le rythme actuel n’est plus « viable ».
La part de résidents temporaires dans la population a plus que doublé depuis 2018, passant à 7,5 %, ce qui exerce une forte pression sur le logement, le système de santé et les écoles. L’objectif affiché est de ramener cette part à moins de 5 % d’ici fin 2027.
Les résidents permanents sont également concernés par une légère baisse, leurs cibles d’admission passant de 395 000 en 2025 à 380 000 pour les trois années suivantes.
Un impact déjà visible au Québec et un budget en déficit
L’impact de ce resserrement se fait déjà sentir, avant même l’application de ces nouvelles cibles. Au Québec, le Bureau de coopération interuniversitaire a indiqué que les demandes d’admission déposées par les étudiants étrangers dans les universités de la province avaient déjà chuté de 46 % entre avril 2024 et avril 2025.
Le budget 2025-2026, qui prévoit un déficit record de 78,3 milliards de dollars (2,5 % du PIB), contient toutefois une exception notable à ces coupes. Le gouvernement compte débloquer 1,7 milliard de dollars pour recruter spécifiquement plus d’un millier de chercheurs étrangers hautement qualifiés. Ce plan budgétaire inclut également une réduction de la taille de la fonction publique et une hausse des dépenses militaires et des investissements dans le logement.