Des Marocains sommés de quitter le Canada

- 12h00 - Monde - Ecrit par : P. A

Au Canada, des concessionnaires de plusieurs régions employant des travailleurs étrangers dont des Marocains, sont frappés de plein fouet par le resserrement récent des règles d’immigration.

Un concessionnaire de Rouyn-Noranda risque de perdre la moitié de ses mécaniciens à cause des nouvelles règles du gouvernement fédéral sur les travailleurs étrangers temporaires. Donald Dion, président d’Action Kia à Rouyn-Noranda, ne cache pas son inquiétude. « C’est majeur. Ça va nuire à nos opérations considérablement. C’est 50 % de mes mécaniciens », se plaint-il auprès du Journal du Québec. Parmi sa vingtaine d’employés, cinq sont des mécaniciens venus de l’étranger qui ne pourront pas renouveler leur permis de travail en raison du nouveau seuil maximal de 10 % de travailleurs étrangers temporaires imposé par les autorités canadiennes.

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Pour ce concessionnaire, recruter un mécanicien est très difficile dans sa région. « Ceux qui sortent de l’école vont dans les mines pour le quadruple du salaire, même si ce ne sont pas les mêmes conditions », explique Donald Dion. Comme lui, plusieurs concessionnaires en Abitibi-Témiscamingue et sur la Côte-Nord dépendent de leurs travailleurs étrangers. Ces techniciens en mécanique, mécaniciens, carrossiers et peintres sont devenus essentiels pour une industrie déjà fragilisée. D’autres secteurs, comme les PME qui réparent des bateaux et les transporteurs routiers, protestent également contre ces restrictions à l’immigration.

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Abdeljalil Bennis, 31 ans, mécanicien d’origine marocaine chez Action Kia depuis un an, a découvert les nouvelles règles d’immigration sur les réseaux sociaux en lisant les publications de groupes d’immigrants marocains. « Je suis venu ici pour construire, pas pour m’en retourner, pas pour repartir à zéro », confie le Casablancais. À la mi-juillet, des entreprises en colère contre les nouvelles restrictions d’Ottawa ont rendu publique leur poursuite de près de 300 M$ contre le gouvernement fédéral.

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Pour sa part, la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ) trouve « dramatique de voir des règles venir briser des vies ». Son PDG, Ian P. Sam Yue Chi, s’inquiète aussi pour la sécurité : « S’il y a des gens qui continuent de rouler en attente d’un entretien ou d’une réparation, ça peut présenter un risque ». Au-delà des drames humains et de l’aspect sécuritaire, la CCAQ estime que les Québécois paieront cher pour les réparations au garage en raison de la grande rareté de main-d’œuvre qu’entrainera cette mesure.

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