Le combat d’un Marocain licencié au Canada pour éviter l’expulsion

- 23h00 - Monde - Ecrit par : Bladi.net

Abdessalam Medroum, un conducteur de poids lourds marocain établi au Canada, fait partie de la centaine de travailleurs temporaires licenciés en novembre dernier par l’entreprise Newrest à Dorval. Après la suppression définitive de son poste, il a engagé une procédure de dernier recours pour obtenir un permis de travail ouvert destiné aux personnes vulnérables, afin d’éviter un retour forcé au Maroc.

Selon des informations rapportées par le journal Le Devoir, ce licenciement collectif est intervenu après la perte d’un contrat majeur entre Newrest et Air Canada. Au total, 544 employés ont été licenciés, dont une soixantaine de personnes se trouvant dans la même situation contractuelle qu’Abdessalam Medroum : l’usage d’un permis de travail fermé. Ce statut administratif lie strictement l’autorisation de séjour du travailleur à son maintien en poste chez un employeur unique. Âgé de 41 ans, ce ressortissant marocain avait quitté un emploi stable de 16 ans dans son pays d’origine pour s’installer au Canada en 2024.

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La Confédération des syndicats nationaux (CSN) affirme que l’entreprise Newrest était informée de la perte du contrat avec Air Canada dès l’été 2024, tout en poursuivant le recrutement de travailleurs étrangers sous contrat fermé. Le syndicat dénonce une forme d’exploitation économique, arguant que l’employeur a utilisé le rapport de dépendance lié au permis fermé pour recruter une main-d’œuvre dont les contrats seraient rompus prématurément. En conséquence, la CSN a assisté 31 anciens employés dans leurs démarches auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) pour obtenir des permis de travail ouverts pour personnes vulnérables, un dispositif normalement réservé aux victimes de violences psychologiques ou financières au travail.

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Sur les 31 demandes déposées, une seule travailleuse a obtenu gain de cause à ce jour, tandis que les 30 autres dossiers, dont celui d’Abdessalam Medroum, sont toujours en attente de traitement. Cette situation relance les critiques contre le système des permis de travail fermés au Canada. En 2024, un rapporteur spécial des Nations unies avait qualifié ce programme de terreau propice à des formes d’esclavage moderne, en raison de la vulnérabilité extrême qu’il impose aux travailleurs migrants. Sollicitée par les médias, la direction de Newrest n’a pas fourni de réponse officielle concernant ces allégations.

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