Des Marocains sommés de quitter le Canada
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Le mythique « modèle canadien » a du plomb dans l’aile. Longtemps cité en exemple pour son ouverture et son hospitalité, le Canada traverse une crise identitaire et sociale sans précédent. Sondages après sondages, une majorité de la population estime désormais que le pays accueille trop d’étrangers. Face à ce rejet grandissant, alimenté par la crise du logement et une flambée des actes racistes, le gouvernement fédéral se voit contraint de réduire drastiquement ses quotas.
Le consensus national s’est effrité à une vitesse vertigineuse. Selon les propres données du ministère de l’Immigration, plus de la moitié des Canadiens jugent aujourd’hui que les vannes sont trop ouvertes. Ce revirement de l’opinion publique, exacerbé depuis la pandémie, a forcé Ottawa à revoir sa copie. Pour la deuxième année consécutive, les objectifs d’accueil ont été revus à la baisse : le plan pour 2026 table sur 380 000 nouveaux résidents permanents, bien loin du pic historique de 485 000 atteint en 2024. Même son de cloche pour les résidents temporaires, dont le nombre sera presque divisé par deux l’année prochaine.
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Ce durcissement politique s’inscrit dans un climat social de plus en plus délétère. La corrélation faite par les partis politiques, tant libéraux que conservateurs, entre l’explosion démographique et la crise du logement a cristallisé les tensions. Les communautés sud-asiatiques, et particulièrement les ressortissants indiens qui constituent désormais la première source d’immigration au pays, se retrouvent en première ligne. Les statistiques policières sont effrayantes : les crimes haineux visant ces populations ont bondi de 227 % en quatre ans.
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Sur le terrain, le sentiment d’insécurité gagne les minorités visibles. Des chercheurs de l’Université McGill décrivent une atmosphère lourde, où le racisme, qu’il soit frontal ou insidieux, s’est banalisé en ligne comme dans la rue. Si le gouvernement promet de sévir par l’éducation et la loi, l’opposition conservatrice l’accuse d’avoir créé ce chaos en ouvrant les frontières sans discernement. Pour les experts, cette xénophobie ambiante est le symptôme direct de l’anxiété économique des ménages canadiens, et elle ne reculera probablement que lorsque le pouvoir d’achat et l’accès au logement s’amélioreront.
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