Espagne : 133 000 nouveaux Marocains en un an, mais un fossé éducatif pointé du doigt
L’Espagne reste une terre d’accueil massive malgré une crise du logement qui asphyxie ses métropoles. Si Madrid et Barcelone voient leurs habitants fuir la vie chère, l’immigration étrangère explose, portée notamment par une forte communauté marocaine. Mais derrière ces chiffres records, le dernier rapport de l’INE soulève un constat cinglant sur le niveau de qualification des nouveaux arrivants.
Le bilan démographique de 2024 est contrasté. D’un côté, les grandes villes espagnoles se vident de leurs résidents locaux, chassés par des loyers “insoutenables” ; de l’autre, le pays a accueilli 1,28 million d’étrangers supplémentaires. Parmi eux, les Marocains occupent la deuxième marche du podium avec 133 130 nouvelles installations, juste derrière les Colombiens mais devant les Vénézuéliens.
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Cependant, l’Institut national de la statistique (INE) a publié pour la première fois des données détaillées sur le profil de ces migrants, et la comparaison est rude pour le Royaume. Selon le rapport, les ressortissants marocains présentent le niveau d’études le plus faible parmi les nouveaux arrivants : 59 % d’entre eux ne disposent que d’une éducation primaire.
Ce chiffre tranche brutalement avec celui des Français installés en Espagne, qui affichent le niveau le plus élevé (52,1 % de diplômés du supérieur), ou même des Espagnols de retour au pays. Une disparité qui se reflète sur le marché du travail, où la majorité de ces immigrants occupe des « emplois élémentaires » ou des postes dans l’hôtellerie.
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Pendant ce temps, la crise immobilière redessine la carte du pays. Madrid et la Catalogne affichent un solde migratoire intérieur négatif record : les habitants quittent le navire face à l’inflation. À Madrid, le déficit atteint près de 13 000 personnes, parties chercher une meilleure qualité de vie vers la périphérie ou la région de Valence, grande gagnante de cette redistribution démographique.