Des Espagnols vent debout contre des chauffeurs marocains
Face à un déficit chronique de 30 000 camionneurs, l’Espagne facilite l’arrivée de conducteurs marocains pour sauver sa logistique. Une mesure pragmatique du gouvernement Sánchez qui se heurte à l’hostilité des syndicats locaux.
Le transport routier ibérique est au bord de la rupture. Avec une main-d’œuvre vieillissante et des jeunes Espagnols qui boudent ces conditions de travail pénibles, Madrid n’a d’autre choix que d’accélérer l’homologation des permis de conduire pour les ressortissants étrangers, Marocains en tête.
Cette ouverture nécessaire est pourtant pointée du doigt par les professionnels espagnols. Prétextant des risques pour la sécurité routière, ils instrumentalisent des incidents isolés – comme le récent blocage d’un tunnel à Madrid par un chauffeur inexpérimenté – pour critiquer l’ensemble des recrues extracommunautaires.
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Derrière ces attaques sur la “sécurité” et le « dumping social », la réalité économique est têtue. Les entreprises espagnoles ne parviennent plus à recruter localement. Sans l’apport des compétences marocaines, habituées aux routes internationales, c’est toute l’économie voisine qui risquerait l’asphyxie.