Permis de conduire : L’Espagne rouvre les vannes pour un million de Marocains, la crainte de la fraude ressurgit
Le gouvernement espagnol réactive l’échange télématique des permis de conduire pour les ressortissants marocains. Cette mesure simplifie la vie d’un million de personnes mais réveille les vieux démons de la falsification, Madrid s’en remettant désormais à la seule vérification de Rabat.
Le gouvernement de Pedro Sánchez vient de réactiver le système d’échange numérique des permis de conduire avec le Maroc. Ce dispositif permet aux conducteurs d’obtenir le sésame espagnol sans se déplacer dans les bureaux de la Direction générale du trafic (DGT). La mesure cible potentiellement la plus grande communauté étrangère du pays, soit plus d’un million de citoyens marocains, à la seule condition que l’administration d’origine valide le document.
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Cette simplification administrative cache une réalité sécuritaire lourde, s’inquiète la presse espagnole. L’Espagne a longtemps servi de porte d’entrée à des permis falsifiés, achetés au Maroc puis validés légalement sur le territoire ibérique. Ce passif avait contraint les autorités à imposer des restrictions strictes, obligeant les résidents à passer leur examen sur place pour éviter les abus. La réouverture du canal télématique supprime ce filtre et assouplit de nouveau les contrôles sur un point névralgique.
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L’impact est immédiat pour des secteurs comme le transport, la logistique et la restauration, où le permis reste indispensable. Mais ce traitement spécifique alimente un débat inconfortable à Madrid. Alors que d’autres nationalités se heurtent à des exigences strictes d’homologation, la souplesse accordée à Rabat renforce l’idée de concessions politiques systématiques envers le voisin du sud, habitué aux négociations privilégiées.
Le pari de l’Exécutif repose entièrement sur la fiabilité des fichiers marocains. Des milliers de conducteurs vont ainsi circuler avec un permis espagnol sans jamais avoir passé d’examen ni suivi de formation sur le code de la route. Cette décision privilégie l’allègement bureaucratique au détriment des garanties de sécurité routière, laissant la politique dicter sa loi sur la rigueur administrative, conclut-on.