Ceuta, Melilla, Sahara : l’Espagne sous pression marocaine
Si le gouvernement espagnol ne cesse de répéter que les relations avec le Maroc traversent « le meilleur moment de leur histoire », la réalité de cette année 2025 est plus nuancée. Derrière l’absence de frictions, Rabat maintient la pression : l’Espagne doit franchir le pas décisif sur le Sahara, à l’image des États-Unis et de la France.
L’année 2025 s’achève sur un bilan en demi-teinte pour Pedro Sánchez. Assiégé par des problèmes intérieurs et soucieux de sa survie politique, le chef du gouvernement espagnol a opté pour un « profil bas » avec ses voisins du Maghreb. L’objectif principal a été atteint : éviter les crises avec Rabat et Alger. Mais sur le fond, les dossiers majeurs n’avancent pas, indique La Razòn.
Plus de deux ans et demi après le tournant diplomatique de mars 2022, où Madrid apportait son soutien au plan d’autonomie marocain, les contreparties attendues par l’Espagne tardent à se concrétiser.
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Le gouvernement Sánchez a été incapable de convaincre Rabat de rouvrir la douane commerciale de Melilla (fermée unilatéralement en 2018) ou d’ouvrir celle de Sebta. Malgré des tests pilotes réussis et des annonces d’ouverture, les « entraves bureaucratiques » persistent. Pour le Maroc, qui considère ces deux villes comme des territoires occupés, la normalisation douanière reste un levier politique. De même, la délimitation des eaux territoriales sur la façade atlantique reste en suspens.
C’est sur la question du Sahara que se joue l’avenir de la relation. Lors de la récente XIIIe Réunion de haut niveau (RAN) à Madrid, organisée à la hâte, le Chef du gouvernement marocain a été sans équivoque.
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Dans une interview accordée en marge de cette rencontre, Aziz Akhannouch a rappelé que la pierre angulaire des alliances du Royaume est « le soutien sans ambiguïtés à la souveraineté nationale, complète et indivisible ». En clair : le soutien au plan d’autonomie ne suffit plus. Rabat attend que Madrid reconnaisse la souveraineté marocaine totale sur le Sahara, emboîtant le pas à Washington et Paris.
L’Espagne termine donc l’année « dans le sillage du Maroc », constatant l’efficacité d’une diplomatie marocaine aux objectifs clairs et à l’action assurée, face à un exécutif espagnol qui peine encore à expliquer son changement de cap à son propre Parlement.