Les revendications marocaines qui inquiètent l’Espagne
Fort des récentes avancées diplomatiques à l’ONU, le Maroc réclame la gestion intégrale de l’espace aérien du Sahara et de ses eaux maritimes. Cette démarche vise à clore le statu quo hérité de 1976 pour parachever sa souveraineté territoriale, incluant désormais les ressources stratégiques du mont Tropic.
La dynamique actuelle autour du dossier du Sahara incite Rabat à élargir ses revendications, s’inquiète La Razòn. L’enjeu prioritaire concerne l’espace aérien au-dessus du Sahara, dont la gestion technique est assurée par l’Espagne depuis la Grande Canarie. Cette situation découle d’un mandat de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) établi en 1976, lorsque Madrid s’est retiré du territoire. Le gouvernement espagnol s’est récemment déclaré ouvert à des discussions pour transférer cette compétence, alignant ainsi la gestion aérienne sur la réalité administrative au sol.
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Le volet maritime constitue le second point de friction. En 2020, le Parlement marocain a adopté des lois définissant ses frontières maritimes avec l’Espagne et la Mauritanie. Ces délimitations englobent les eaux adjacentes au Sahara et créent un chevauchement avec la zone économique exclusive des îles Canaries. Au cœur de cette zone se trouve le mont Tropic, une montagne sous-marine riche en minéraux stratégiques (tellure, cobalt) essentiels aux technologies vertes, que le Maroc entend intégrer sous sa juridiction.
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En arrière-plan, le « Comité de défense des affaires du Maroc » continue de porter des revendications historiques sur les places de souveraineté espagnoles en Afrique du Nord. Sont cités les îlots Perejil, Chafarinas et Alhucemas, le rocher de Vélez de la Gomera, ainsi que les villes de Ceuta et Melilla. Bien que ces dossiers n’aient pas été officiellement traités lors du dernier sommet bilatéral, ils demeurent des constantes de la rhétorique nationaliste marocaine.