En Espagne, on craint une nouvelle « Marche Verte » sur les Îles Canaries
Le débat politique espagnol s’enflamme sur les questions de souveraineté. Aux îles Canaries, la formation de gauche radicale Podemos a lancé un avertissement alarmiste : en soutenant les politiques interventionnistes de Donald Trump, la droite espagnole fragiliserait la position de Madrid face aux revendications territoriales du Maroc.
Pour Podemos, le danger vient de l’extérieur, mais la faille est intérieure. Le parti a vivement critiqué le soutien apporté par le Parti Populaire (PP) et Vox aux actions de l’ancien président américain au Venezuela. Selon la porte-parole de la formation, accepter le non-respect de la légalité internationale en Amérique du Sud crée un précédent dangereux qui pourrait se retourner contre l’Espagne.
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« Ce qui est permis aujourd’hui à Caracas pourrait se produire demain aux îles Canaries », a-t-elle averti. La députée n’hésite pas à dresser un parallèle historique, évoquant le risque d’une nouvelle « Marche verte » — référence à l’événement de 1975 — qui viserait cette fois les archipels ou les enclaves de Ceuta et Melilla.
Au cœur de ces inquiétudes : les richesses enfouies dans les eaux de l’Atlantique. Podemos estime que la stratégie marocaine est motivée par la convoitise des minerais stratégiques (comme le tellure), du gaz et du pétrole potentiellement présents autour des Canaries.
Le parti dénonce la « politique du fait accompli » menée par Rabat, citant la délimitation unilatérale des frontières maritimes et la signature d’accords d’exploration avec des entreprises étrangères, le tout avec la bénédiction implicite des États-Unis, partenaire militaire clé du Royaume.
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Face à ces présumées menaces, Podemos appelle le gouvernement espagnol à la fermeté. Pour la gauche radicale, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer reste le seul rempart efficace pour protéger les intérêts espagnols contre toute tentative d’appropriation.
Le parti accuse la droite d’affaiblir ce « bouclier juridique » par ses positions géopolitiques et exhorte Madrid à défendre strictement la souveraineté maritime de l’archipel pour empêcher l’imposition de nouvelles réalités sur le terrain par le voisin du sud.