L’Espagne redoute désormais une offensive du Maroc sur certaines îles
Les îles Chafarinas sont sous administration espagnole depuis le XIXe siècle, mais leur avenir semble de plus en plus incertain aux yeux de Madrid. Situé à seulement quelques kilomètres des côtes marocaines, cet archipel fait l’objet de revendications historiques de Rabat, qui pourrait profiter de flous juridiques majeurs dans les textes espagnols pour appuyer sa demande.
La récente décision de l’ONU concernant le Sahara occidental a modifié les équilibres régionaux, laissant l’Espagne en retrait sur ce dossier, s’inquiète la Razòn. Cette nouvelle donne ravive les craintes concernant les autres territoires espagnols en Afrique du Nord. Si les cas de Ceuta et Melilla sont souvent cités, les îles Chafarinas, situées à seulement 3,5 kilomètres (1,9 mille nautique) de la côte marocaine, se retrouvent au cœur des préoccupations. Ce groupe de trois îlots totalise moins d’un kilomètre carré et se situe bien plus près du Maroc que les Îles Canaries.
Un vide juridique exploité par le Maroc
Historiquement habitées par des civils jusqu’en 1927, ces îles ne comptent plus aujourd’hui que moins d’une centaine de personnes, principalement des militaires assurant des rotations de surveillance et du personnel du ministère de l’Environnement. Le Maroc n’a jamais cessé de réclamer ce territoire. Après son indépendance, Rabat avait envoyé un mémorandum à l’ONU pour exiger la « libération » des Chafarinas (Zaffarines), ainsi que des autres rochers, au nom de l’unité territoriale.
La position espagnole est fragilisée par ses propres carences législatives. Les autorités marocaines s’appuient sur le fait que ces îles ne sont pas mentionnées dans la Constitution espagnole. De plus, les références à cet archipel ont disparu de la version finale du Statut d’autonomie de Melilla. Enfin, un décret de 1977 a omis de délimiter leurs eaux territoriales, créant une incertitude juridique supplémentaire.