L’Espagne contrainte d’adapter son dispositif militaire face au Maroc

- 23h00 - Espagne - Ecrit par : Bladi.net

L’Espagne adapte son dispositif militaire. La modernisation rapide des Forces armées royales (FAR), désormais équipées de technologies de pointe, pousse Madrid à repenser sa stratégie de défense statique sur son flanc sud pour faire face à un nouvel environnement sécuritaire.

L’état-major espagnol est confronté à un « paradoxe stratégique ». Le modèle de défense classique ne suffit plus face à la montée en puissance de l’armée marocaine. Entre 2020 et 2025, les FAR ont opéré une transformation majeure, acquérant des vecteurs à longue portée et des systèmes non pilotés, y compris des technologies dont l’Espagne ne dispose pas, comme les lance-missiles HIMARS, rapporte La Razòn.

À lire : Un message fort de l’Espagne à destination du Maroc

Pour les garnisons de Ceuta et Melilla, décrites comme totalement dépourvues de profondeur stratégique avec un « ennemi à la porte », l’Espagne maintient un dispositif lourd. Des chars de combat Leopard 2A4 et des véhicules blindés y sont déployés, appuyés par l’élite de l’infanterie (Légion et Regulares).

Cependant, ce dispositif présente un véritable « talon d’Achille » : la vulnérabilité face aux drones et aux munitions rôdeuses. Si des canons sont en place, il n’existe pas de défense antiaérienne de zone permanente (les systèmes NASAMS restant dans la péninsule pour éviter l’escalade), laissant une faille potentielle face aux nouvelles capacités marocaines.

À lire : Maroc : pourquoi les F-35 changent la donne dans la région

Aux îles Canaries, position clé pour la projection dans l’Atlantique, la défense aérienne repose sur des Eurofighter Typhoon, bien que les modèles les plus récents soient réservés à la péninsule. Sur le plan naval, l’absence de frégates permanentes est soulignée comme une faiblesse, l’archipel ne disposant que de patrouilleurs pour des scénarios de basse intensité.

Enfin, le détroit de Gibraltar reste le « centre de gravité » de la défense espagnole. Le régiment d’artillerie côtière (RACTA 4) y assure une capacité de frappe de précision pour interdire l’accès à la zone, soutenu par la supériorité aérienne et navale que l’Espagne estime conserver dans ce secteur.

  • L'Espagne « déclassée » ? un journal dénonce la passivité de l'armée espagnole face au Maroc

    Drones israéliens, missiles américains et budget record : le Maroc mène une politique de défense ambitieuse. Ce plan global de réarmement bénéficie du soutien financier de l'Arabie saoudite et de l'expertise technique des États-Unis. Un nouveau statut militaire pour le Maroc qui interroge la passivité du gouvernement espagnol face à ces enjeux

  • En face du Maroc, l'armée espagnole déploie ses missiles et ses canons

    Dans le cadre de l'exercice DACE, le groupe d'artillerie antiaérienne du régiment mixte d'artillerie n° 30 (RAMIX 30), basé à Ceuta, a déployé ses unités équipées de canons bitubes Oerlikon 35/90 et de systèmes de missiles Mistral. Objectif, se préparer à toute éventuelle attaque du Maroc qui ne cesse de revendiquer Sebta et Melilla, ainsi que les îles et rochers espagnols.

  • L'Espagne envoie un navire de guerre non loin du Maroc

    La Marine espagnole a diffusé une image aérienne du bâtiment d'assaut amphibie Galicia (L-51) opérant à proximité de l'île d'Alborán. Cette publication, accompagnée d'un message soulignant le caractère « essentiel » de l'enclave, s'inscrit dans le cadre des missions permanentes de surveillance et de protection des eaux sous souveraineté espagnole. Ce territoire de sept hectares, situé en Méditerranée occidentale, fait l'objet de revendications de la part du Maroc.

  • L'Espagne a-t-elle perdu la main face au Maroc ?

    La dernière Réunion de haut niveau entre Madrid et Rabat laisse un goût d'inachevé. Si quatorze accords ont été signés, l'essentiel des dossiers brûlants — souveraineté, eaux territoriales, douanes — a été soigneusement évité, illustrant un basculement géopolitique où l'Espagne semble désormais subir la loi d'un voisin marocain en pleine ascension stratégique.

  • Ceuta, Melilla, Sahara : l'Espagne sous pression marocaine

    Si le gouvernement espagnol ne cesse de répéter que les relations avec le Maroc traversent « le meilleur moment de leur histoire », la réalité de cette année 2025 est plus nuancée. Derrière l'absence de frictions, Rabat maintient la pression : l'Espagne doit franchir le pas décisif sur le Sahara, à l'image des États-Unis et de la France.

  • En Espagne, on craint une nouvelle « Marche Verte » sur les Îles Canaries

    Le débat politique espagnol s'enflamme sur les questions de souveraineté. Aux îles Canaries, la formation de gauche radicale Podemos a lancé un avertissement alarmiste : en soutenant les politiques interventionnistes de Donald Trump, la droite espagnole fragiliserait la position de Madrid face aux revendications territoriales du Maroc.

  • L'Espagne déploie d'importants moyens militaires face aux revendications du Maroc

    Une importante opération militaire espagnole est en cours près des côtes marocaines. Des renforts de la Légion ont été déployés vers les îles Chafarinas et l'îlot du Persil. Cette manœuvre est un message.

  • Maroc-Espagne : un diplomate espagnol alerte sur un risque de guerre

    Un responsable politique estime que l'Espagne doit renforcer sa défense face à des menaces comme le Maroc qui revendique les enclaves de Sebta et Melilla, ainsi que des îles et rochers espagnols.

  • Ceuta envoie un message de dissuasion au Maroc

    L'Espagne continue d'envoyer un message de dissuasion au Maroc qui revendique sa souveraineté sur Ceuta.

  • Pourquoi le Maroc modernise massivement son armée : chars, missiles, drones et service militaire

    Chars américains Abrams, drones turcs et israéliens, missiles HIMARS, roquettes longue portée… Le Maroc transforme rapidement son armée dans le cadre d'une stratégie globale appuyée par la diversification de ses partenaires.