Un “trésor” sous-marin oppose le Maroc à Madrid pour le contrôle des batteries du futur
Le Maroc revendique désormais la souveraineté sur le mont Tropic, un volcan sous-marin regorgeant de métaux critiques convoités par l’Espagne. Ce gisement, capable d’alimenter l’industrie mondiale des voitures électriques, se trouve au cœur d’un imbroglio juridique qui gèle pour l’instant l’exploitation de ses richesses.
À 481 kilomètres au large de l’île d’El Hierro, le mont Tropic dort au fond de l’Atlantique. Ce volcan inactif, considéré comme l’ancêtre géologique de l’archipel des Canaries, abrite un écosystème marin foisonnant de coraux millénaires et de cétacés. Mais ce sanctuaire naturel cache un enjeu économique colossal : ses entrailles renferment un dépôt gigantesque de minerais stratégiques, transformant ce pic submergé en objet de convoitise internationale.
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Les chiffres révélés par les études géologiques donnent le vertige. Le site contient environ 2 670 tonnes de tellure, soit près de 5 % des réserves mondiales connues. Ce métal est indispensable à la fabrication des panneaux solaires et des batteries de voitures électriques. Les rapports techniques estiment que ce gisement pourrait permettre la production de centaines de millions de véhicules. L’Institut Géologique et Minier d’Espagne y a également détecté du cobalt, du nickel et des terres rares, un marché actuellement dominé à 70 % par la Chine.
La bataille pour le contrôle de ces ressources se joue sur le terrain du droit international. Le volcan se situe au-delà des 200 milles nautiques, dans une zone qui n’appartient officiellement à personne. L’Espagne a tenté de s’approprier les lieux en 2014 via une demande d’extension de son plateau continental à l’ONU, restée sans réponse. Le Maroc a répliqué en 2020 par l’adoption de deux lois étendant sa zone économique exclusive et son plateau continental à 350 milles, intégrant les eaux du Sahara.
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Rabat défend une délimitation basée sur l’équité plutôt que sur la ligne médiane, une approche qui projetterait sa souveraineté vers l’ouest et empiéterait sur la zone revendiquée par les Canaries. Si les États-Unis et Israël observent ce potentiel minier avec intérêt, l’exploitation reste pour l’heure une chimère : la profondeur extrême du site rend toute extraction impossible avec les technologies actuelles.