Gazoduc fermé : l’Espagne mise sur Washington pour convaincre le Maroc et l’Algérie
L’Espagne place ses espoirs énergétiques entre les mains de Washington. Pour réactiver le gazoduc traversant le territoire marocain, Madrid compte désormais sur le succès d’une médiation américaine entre Rabat et Alger.
Des sources politiques de haut niveau confirment que ce scénario, jugé « hautement probable » en cas de réussite diplomatique, permettrait à l’Europe de sécuriser son approvisionnement et de tourner définitivement la page du gaz russe.
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Ce pari espagnol sur la réouverture du tube, fermé depuis 2021, s’appuie sur une nouvelle configuration géopolitique favorable. L’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la proposition d’autonomie marocaine comme base de négociation a modifié la donne : le dossier du Sahara est désormais porté par une dynamique occidentale soutenue par la Maison-Blanche, sans opposition majeure de Moscou ou Pékin. Cette internationalisation du conflit soulage Madrid, qui voit le poids de ce contentieux s’alléger dans ses rapports bilatéraux avec l’Algérie.
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Si le journal Ok Diario rapporte que l’Algérie oppose pour l’instant un refus à la reprise des flux via le Maroc, l’exécutif espagnol perçoit un changement de climat. La priorité est de normaliser les relations avec Alger pour reconquérir les parts de marché perdues. Ce processus de dégel est déjà enclenché, matérialisé par la rencontre entre les chefs de la diplomatie, Ahmed Attaf et Manuel Albares, à Johannesburg le 22 novembre dernier. Une visite du président Abdelmadjid Tebboune en Espagne est même à l’étude, bien qu’aucune date ne soit fixée.
L’objectif final reste la reconnexion de l’infrastructure gazière régionale. La rupture des relations diplomatiques et le non-renouvellement de l’accord en 2021 avaient mis le gazoduc à l’arrêt, mais la nécessité stratégique européenne et les manœuvres diplomatiques actuelles pourraient forcer la réouverture des vannes à court terme.