Du nouveau pour le tunnel Maroc – Espagne
La faisabilité technique du tunnel sous le détroit de Gibraltar entre dans une phase d’évaluation scientifique déterminante. Les experts disposent désormais d’une période estimée à trois ans, potentiellement renouvelable, pour trancher la question de la viabilité de l’ouvrage face aux contraintes géologiques.
L’attention se focalise spécifiquement sur le « seuil du détroit », une zone située à l’ouest où la profondeur maximale est de 300 mètres, mais qui correspond au point de collision critique entre les plaques tectoniques eurasienne et africaine.
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Cette campagne d’analyse doit lever les derniers doutes sur la sécurité du futur corridor ferroviaire de 14 kilomètres. La Société espagnole d’études sur les communications fixes (SECEGSA) s’appuiera sur le déploiement de sismomètres de fond marin pour surveiller l’activité des failles et modéliser les risques de tsunamis. Ces données géodynamiques sont indispensables pour concrétiser ce projet de liaison fixe, qui a abandonné l’option du pont suspendu dès 1989 au profit d’une solution souterraine.
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Le cadre opérationnel de cette coopération a été formalisé la semaine dernière à Madrid. Lors de la Réunion de haut niveau, le ministère espagnol des Transports et ses homologues marocains ont signé un mémorandum d’entente scellant le partenariat entre l’Institut géographique national espagnol et le Centre national de la recherche scientifique et technique (CNRST). Cet accord, l’un des quatorze paraphés lors du sommet, officialise l’échange d’informations scientifiques et la coordination des réseaux d’observation entre les deux pays.