Aux Pays-Bas, « On vise toujours les Marocains »
Les Marocains des Pays-Bas subissent un climat politique hostile qui remet en cause leur légitimité. Ouafa Oualhadj, nouvelle députée D66, brise le silence et exige la fin d’un "ton désagréable" qui fracture la société néerlandaise.
Ouafa Oualhadj vient de faire son entrée à la Chambre des représentants et elle ne compte pas se taire. Invitée de l’émission WNL Op Zondag, l’élue du parti D66 est revenue sur son premier discours parlementaire prononcé la semaine dernière. Elle y dénonçait la pression constante subie par les femmes de couleur, y compris au sein de l’hémicycle. Pour elle, faire croire aux nouvelles générations nées sur le sol néerlandais que leur présence reste conditionnelle constitue une violence inacceptable.
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La petite-fille d’immigrés marocains pointe du doigt l’obsession de la classe politique envers ses origines. Face au journaliste Rick Nieman, elle raconte l’épuisement causé par cette hostilité permanente, que ce soit lors d’entretiens d’embauche ou dans les clubs de football. Les débats à l’assemblée nationale dérapent souvent, ciblant spécifiquement la communauté marocaine au lieu de se concentrer sur les sujets de fond. Cette ambiance toxique, relayée par les titres de presse et les plateaux télévisés, a transformé son parcours en combat.
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L’élue espère tourner la page des disputes stériles. Si elle reconnaît qu’une partie de l’électorat reste sensible aux discours d’exclusion portés par le PVV, qui a failli remporter les élections, elle perçoit une lassitude générale. Les citoyens aspirent désormais à un langage positif et à la coopération. Oualhadj veut incarner cette volonté d’aller de l’avant, transformant la douleur des attaques passées en énergie pour imposer un autre récit national.