Élections 2026 : le casse-tête de la participation des Marocains du monde

- 15h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

À moins d’un an des législatives de 2026, le débat sur la participation politique de la diaspora refait surface. Entre des procédures jugées complexes par les expatriés et un ministère de l’Intérieur qui renvoie la balle aux partis politiques, le fossé semble se creuser.

Alors que les Marocains résidant à l’étranger (MRE) réclament une pleine citoyenneté politique, la réalité du terrain reste marquée par des obstacles techniques et un manque de volonté politique perçu.

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La position du Ministère : la balle est dans le camp des partis. Pour le ministère de l’Intérieur, le cadre légal est prêt. Abdelouafi Laftit assure que les textes encadrant les élections de 2026 contiennent déjà des mesures pour simplifier l’inscription sur les listes et faciliter le vote. Cependant, le ministre nuance : l’administration ne peut pas tout faire. Selon lui, l’intégration politique de la diaspora dépend avant tout de l’engagement des partis politiques. Il les exhorte à placer des candidats issus de la diaspora en tête de liste, seule garantie réelle de leur accès au Parlement.

Du côté des MRE, le son de cloche est bien différent. Les militants dénoncent des procédures archaïques qui découragent la participation massive :

• Le vote par procuration : Jugé complexe et dissuasif, il oblige le votant à mandater un citoyen résidant au Maroc.
• L’absence de vote à distance : Contrairement à d’autres nations (comme le Canada ou la Finlande cités en exemple), le Maroc ne permet toujours pas le vote électronique ou le vote direct dans les consulats pour les législatives.
• L’obligation de déplacement : Pour beaucoup, l’alternative est de rentrer au Maroc le jour du scrutin, une contrainte logistique et financière majeure.

Selma Regragui, active au sein de la communauté marocaine au Canada, interrogées par Hespress, déplore que les MRE soient considérés comme une manne de devises, mais marginalisés dès qu’il s’agit de démocratie. Elle plaide pour la création de circonscriptions dédiées à l’étranger ou même d’un parti politique spécifique à la diaspora.

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Pour Younes Ijiri, résident en Finlande, la solution passe par la modernisation : vote électronique sécurisé et urnes dans les consulats. Il rejoint le ministère sur un point : les partis politiques manquent de sérieux et devraient activement recruter des têtes de liste parmi les compétences de la diaspora pour mobiliser cet électorat.

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