Avalanche de plaintes des MRE, principalement de France

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

La diaspora marocaine n’hésite plus à saisir la justice de son pays d’origine. Le dernier rapport du Ministère public pour l’année 2024 révèle une activité intense : plus de 2 000 plaintes ont été déposées par des Marocains résidant à l’étranger (MRE), marquant une confiance renouvelée mais aussi une forte attente envers l’appareil judiciaire.

Les chiffres sont parlants : 2 060 plaintes enregistrées en un an. Si le format papier reste majoritaire (1 329 dossiers), le numérique gagne du terrain avec 731 saisines électroniques. Cette dynamique répond directement aux instructions royales exigeant une prise en charge prioritaire des dossiers de la communauté, souvent contrainte par des séjours très courts au Royaume.

Un « traitement VIP » pour des séjours éclairs

Pour répondre à cette urgence temporelle, la justice a dû s’adapter. Une circulaire conjointe activée en juin 2024 impose désormais un « traitement rapide et efficace ». L’objectif ? Régler les litiges pendant que les MRE sont encore sur le territoire pour leurs vacances.

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Des cellules spéciales ont été créées partout : au niveau central, dans les Cours d’appel et les tribunaux de première instance. Au siège de la Présidence à Rabat, 311 MRE ont été reçus physiquement dans des espaces dédiés pour suivre l’évolution de leurs affaires en temps réel.

La France et la Belgique en tête des réclamations

D’où viennent ces appels à l’aide ? La cartographie des plaintes reflète la démographie de la diaspora. La France arrive largement en tête avec 160 plaignants reçus, suivie de la Belgique, de l’Italie et de l’Espagne.

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Le rapport souligne également un grand chantier de modernisation : la notification des actes judiciaires à l’étranger, souvent un casse-tête administratif, est en cours de simplification via la digitalisation, pour éviter que les procédures ne s’enlisent une fois le MRE reparti dans son pays de résidence.

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    C'est un chassé-croisé judiciaire qui s'intensifie. En 2024, les échanges de prisonniers entre le Maroc et ses partenaires étrangers ont atteint des sommets. Si le Royaume répond présent pour extrader les délinquants réclamés par l'Europe, principalement la France, la réciproque n'est pas toujours vraie, notamment avec l'Espagne.

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    Le message est clair : quitter le territoire ne suffit plus pour échapper à la justice marocaine. Dans son dernier rapport pour l'année 2024, la Présidence du Ministère Public dévoile une intensification sans précédent de la coopération judiciaire. Avec plus d'une centaine de mandats d'arrêt internationaux émis, le Royaume resserre l'étau sur la criminalité transfrontalière.

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    La Présidence du ministère public a présenté les données relatives à la gestion des mariages mixtes au cours de l'année 2024. Le rapport détaille le volume des demandes traitées, le nombre d'enquêtes diligentées ainsi que les décisions rendues conformément aux dispositions du Code de la famille.

  • Les Marocains se plaignent moins, mais restent frustrés

    Le portail « Chikaya.ma » a tourné à plein régime l'an passé. En 2025, les Marocains ont déposé pas moins de 163 694 réclamations contre l'administration publique. Si le délai de réponse s'améliore, le taux de satisfaction des usagers reste mitigé.

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  • La France traque l'argent sale au Maroc

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  • Les Marocains de France ont envoyé 3,4 milliards d'euros au Maroc

    C'est une manne financière qui ne cesse de battre des records. Les dernières données d'Eurostat confirment le rôle vital de la diaspora marocaine dans l'économie du Royaume. En 2024, les transferts d'argent depuis l'Europe ont atteint des sommets, portés par un duo de tête incontesté : la France et l'Espagne, qui ont injecté à elles seules près de 5 milliards d'euros vers le Maroc.

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