Le Maroc lance la chasse, 102 criminels traqués dans le monde
Le message est clair : quitter le territoire ne suffit plus pour échapper à la justice marocaine. Dans son dernier rapport pour l’année 2024, la Présidence du Ministère Public dévoile une intensification sans précédent de la coopération judiciaire. Avec plus d’une centaine de mandats d’arrêt internationaux émis, le Royaume resserre l’étau sur la criminalité transfrontalière.
Fini l’impunité pour les délinquants en fuite à l’étranger. Le Maroc s’impose désormais comme un partenaire incontournable dans la lutte contre le crime organisé. En 2024, les parquets du Royaume ont émis pas moins de 102 mandats de recherche et d’arrestation internationaux. Ces procédures, relayées par Interpol et les canaux de sécurité arabes, visent à rapatrier les individus condamnés ou poursuivis, quel que soit leur pays de refuge.
Nador et Tanger, épicentres de la traque
La géographie de ces mandats révèle les points chauds de la criminalité. Sans surprise, les villes portes vers l’Europe concentrent l’essentiel de l’activité judiciaire, souvent liée au trafic de drogue et aux réseaux organisés.
• Cours d’appel : Le parquet de Nador arrive en tête avec 11 mandats émis (26 % du total), suivi par ceux d’El Jadida et de Tanger.
• Tribunaux de première instance : C’est Tanger qui détient le record avec 21 mandats internationaux lancés en une seule année, devançant Nador (12 mandats).
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Si la traque s’intensifie, elle reste strictement encadrée. La Présidence du Ministère Public veille au grain pour garantir que ces demandes d’extradition respectent les droits fondamentaux et les conventions internationales. L’objectif est double : empêcher la prescription des crimes et assurer que les coupables, même à des milliers de kilomètres, finissent par répondre de leurs actes devant les tribunaux marocains.