Le Maroc a dépassé l’Espagne sur la tomate : « La fraise nous fait beaucoup de mal »

- 09h00 - Espagne - Ecrit par : Betty de G.

Après la tomate, les producteurs espagnols voient monter un autre concurrent marocain : la fraise. À Huelva, ils dénoncent une pression grandissante sur les prix pendant l’hiver. La progression des myrtilles et des framboises les préoccupe aussi.

Le Maroc a désormais dépassé l’Espagne sur le marché européen de la tomate. Selon les chiffres communiqués par la fédération espagnole FEPEX à El Español, les livraisons marocaines vers l’Union européenne ont atteint 526 737 tonnes en 2025, contre 502 449 tonnes pour les expéditions espagnoles vers les autres pays membres.

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En 2016, le rapport de force était inversé : 344 094 tonnes pour le Maroc, 763 846 pour l’Espagne. En neuf ans, les volumes marocains ont augmenté de 53 %, tandis que ceux de leur concurrent espagnol ont reculé de 34 %.

Mais les producteurs espagnols regardent maintenant vers Huelva, grande région de culture des fruits rouges. Andrés Góngora, secrétaire général de la coordination agricole COAG, affirme que les fraises marocaines concurrencent directement celles produites dans cette province, précisément au moment où les deux récoltes arrivent sur les marchés européens.

À Huelva, la bataille se déplace vers les fruits rouges

« La fraise nous fait actuellement beaucoup de mal », explique le responsable syndical au quotidien espagnol. Il désigne ensuite les myrtilles et les framboises comme les prochaines cultures exposées à la progression marocaine.

Ignacio Antequera, de FEPEX, met en cause les écarts de coûts salariaux et les règles phytosanitaires appliquées de part et d’autre de la Méditerranée. Pour les organisations agricoles espagnoles, ces différences renforcent l’avantage commercial des producteurs marocains.

Sur Bladi.net : Les producteurs de fraise espagnols dénoncent la concurrence marocaine

Ces inquiétudes existaient déjà en 2023, lorsque les cultivateurs de Huelva dénonçaient la concurrence marocaine sur les framboises. Le reportage du 26 octobre montre que leurs critiques se concentrent désormais aussi sur les fraises, au cœur de la saison hivernale.

Autre sujet de préoccupation : un rapport de la Commission européenne de 2024 évoque 13 000 hectares supplémentaires à rendre irrigables d’ici 2030, dont 8 000 à Boujdour et 5 000 près de Dakhla. Ces nouvelles surfaces s’inscrivent dans des projets agricoles alimentés notamment par le dessalement de l’eau de mer.