Les producteurs européens plantent moins de tomates cerises et désignent le Maroc comme responsable
Les producteurs espagnols réduisent leurs surfaces consacrées aux tomates cerises, particulièrement celles vendues en vrac. Réunis à Bruxelles, leurs représentants mettent directement en cause la concurrence marocaine et ses prix plus bas. Une nouvelle étude du marché européen confirme le poids considérable du Maroc dans ce secteur.
La tomate cerise marocaine continue de bousculer les producteurs espagnols. Lors d’une réunion organisée le 15 octobre à Bruxelles par le groupe d’experts de la Commission européenne sur le marché de la tomate, la délégation espagnole a signalé une diminution des surfaces cultivées en tomates cerises. Le recul touche particulièrement les variétés commercialisées en vrac, selon un compte rendu publié le 19 octobre par la fédération espagnole FEPEX.
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Les représentants espagnols attribuent cette évolution à la concurrence du Maroc. Ils dénoncent notamment les différences de coûts de main-d’œuvre et de règles de production entre les deux pays. Les prix plus bas des tomates marocaines exerceraient également une pression directe sur ceux des tomates cerises cultivées en Espagne.
À ces difficultés s’ajoute une nouvelle hausse des charges. La délégation espagnole fait état de coûts de l’énergie et du transport supérieurs de 16 % aux conditions considérées comme normales. Pour les plastiques, les emballages et les conditionnements, l’augmentation atteint 18 %. Malgré l’amélioration des prix de vente pendant la campagne, les agriculteurs affirment que leur rentabilité ne progresse pas dans les mêmes proportions.
Le Maroc fournit plus de deux tomates importées sur trois
Les chiffres présentés à Bruxelles confirment la place du Royaume sur le marché européen. En 2025, l’Union européenne a importé 773 000 tonnes de tomates fraîches en provenance de pays extérieurs à l’UE. Le Maroc en a fourni 527 000 tonnes, soit 68,2 % du total.
Ces volumes concernent l’ensemble des tomates fraîches, et pas uniquement les tomates cerises. Ils illustrent néanmoins l’importance prise par le Maroc dans l’approvisionnement européen face aux producteurs espagnols, particulièrement exposés à cette concurrence sur les marchés d’exportation.
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La situation se complique également sur le plan agricole. Pour la campagne 2025-2026, la production espagnole de tomates devrait reculer d’environ 2 %, alors que les surfaces cultivées restent globalement stables. Les représentants espagnols évoquent l’utilisation de variétés résistantes aux virus mais moins productives, les problèmes phytosanitaires et les mauvaises conditions météorologiques.
Les difficultés dépassent les frontières espagnoles. Lors de cette réunion, les représentants de la Belgique, des Pays-Bas et de la Pologne ont également évoqué les conséquences des fortes chaleurs, des pluies et des coûts énergétiques sur leurs exploitations.
Selon les perspectives présentées à Bruxelles, la production espagnole pourrait encore diminuer de 1,2 % à l’horizon 2035, sous l’effet de la concurrence internationale, des coûts élevés et des difficultés de recrutement dans l’agriculture.