Le Maroc importe tout son carburant, mais n’a aucune réserve stratégique publique
Le Maroc ne dispose pas de stock stratégique public d’hydrocarbures. Le CESE pointe les fragilités d’un système reposant essentiellement sur les opérateurs privés, alors que l’approvisionnement national dépend entièrement des importations de produits raffinés.
Le constat figure dans le rapport annuel 2025 du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Le Maroc confie essentiellement aux opérateurs privés la constitution et la gestion des stocks de sécurité obligatoires, « en l’absence d’un stock stratégique ou de sécurité public ». Pour les sociétés de distribution et d’emplissage, la réglementation impose un stockage équivalent à 60 jours de ventes sur le marché local.
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Cette organisation est d’autant plus sensible que, depuis l’arrêt de la Samir en 2015, l’approvisionnement du marché repose exclusivement sur l’importation de produits raffinés. Les produits pétroliers représentent encore 51 % du mix énergétique marocain. Leur consommation a atteint 12,8 millions de tonnes en 2025, dont 73 % de gasoil, et devrait progresser de 16 % d’ici 2030.
Des stocks difficiles à suivre
Le CESE relève aussi un manque de visibilité sur les réserves disponibles. Les informations sont jugées peu régulières et insuffisamment systématiques. Les communications officielles publiées entre 2022 et 2026 faisaient état de stocks inférieurs au seuil réglementaire de 60 jours. Le rapport ne permet donc pas d’établir précisément le nombre de jours de consommation actuellement disponible.
Le dispositif de contrôle présente également des faiblesses. Les vérifications ne débouchent pas systématiquement sur la constatation des infractions ou l’application des sanctions, tandis que les agents chargés du contrôle ne disposent pas, dans la pratique, du statut d’assermentation requis pour dresser des procès-verbaux.
Autre vulnérabilité : près de 80 % des capacités de stockage des produits pétroliers liquides sont concentrées à Tanger, Mohammedia et Jorf Lasfar. Plus de 70 % de celles du butane se trouvent à Mohammedia.
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Le CESE recommande désormais un modèle mixte : une part significative des stocks détenue par l’État ou une agence publique dédiée, complétée par les stocks obligatoires des opérateurs privés. Il préconise également une traçabilité en temps réel et des contrôles renforcés.