Le Maroc rattrapé par sa dépendance au gasoil russe
La Russie interdit temporairement ses exportations de gazole pour sécuriser son marché intérieur, après les frappes ukrainiennes contre ses infrastructures énergétiques. Une décision qui concerne aussi le Maroc, importateur dépendant de carburants raffinés.
La Russie a instauré une interdiction d’exportation de gazole jusqu’au 31 juillet. Selon Reuters, Moscou veut renforcer l’approvisionnement de son marché intérieur, alors que les frappes ukrainiennes contre des raffineries ont provoqué des tensions sur les carburants.
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Le vice-premier ministre russe Alexandre Novak a expliqué que cette mesure devait permettre d’augmenter les volumes disponibles dans le pays. La Russie prévoit aussi d’importer du carburant en juillet pour faire face à la situation.
Pour le Maroc, l’enjeu n’est pas une rupture immédiate, mais une tension supplémentaire sur un marché déjà sensible. Le royaume dépend entièrement des importations de gasoil et d’essence depuis l’arrêt de son unique raffinerie en 2015. En avril, le ministère de l’Énergie indiquait que les stocks couvraient 51 jours pour le diesel et 55 jours pour l’essence.
Le Maroc parmi les clients du diesel russe
Reuters indique que le Maroc faisait partie, en juin, des pays ayant reçu des cargaisons de diesel russe. En mars déjà, les données de transport maritime citaient le Maroc parmi les importateurs de cargaisons russes, aux côtés notamment du Ghana et de la Syrie.
Les exportations russes de diesel et de gasoil par voie maritime avaient déjà fortement baissé avant même l’interdiction formelle. En juin, elles ont chuté de 39 % par rapport au mois précédent.
La décision russe peut donc peser indirectement sur les approvisionnements et les prix, surtout si d’autres acheteurs doivent se tourner vers les mêmes fournisseurs alternatifs. Le Maroc a diversifié ses sources d’approvisionnement, notamment vers l’Europe et les États-Unis, mais reste exposé aux chocs internationaux.
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Cette crise rappelle surtout la fragilité d’un pays sans raffinage national. Tant que le Maroc dépendra des marchés extérieurs pour ses carburants raffinés, chaque tension sur le gasoil mondial pourra se répercuter sur ses marges d’approvisionnement et, potentiellement, sur les prix.